12/21/2007

Sur les traces de Jacques-Désiré Laval en Normandie

« Le Père Jacques Laval, il est de chez nous. Bien Normand par ses racines. Sur le plateau de Saint-André, se trouvent les lieux de son enfance et de sa jeunesse. »
Mgr Jean Honoré, ancien évêque d’Evreux

(I) Croth

Jacques-Désiré Laval est né le premier jour complémentaire de l’an XI de la République, selon le registre de l’état civil de l’époque, c’est-à-dire le 18 septembre 1803, dans ce village modeste du sud de l’Eure : ni château, ni monument célèbre, ni site historique.

Enfant, il a dû admirer le cours limpide de l’Eure qui traverse son village et se rendre à la baraque de Rozeux par la route de Bois-le-Roi. Il a certainement parcouru la forêt voisine et peut-être vibré aux souvenirs d’Henri II et de Diane de Poitiers, au magnifique château d’Anet.

A peine remise des fatigues de l’accouchement, Madame Laval se rendit à l’église paroissiale avec Jacques-Désiré, premier garçon de la famille. Une niche du chœur abritait une statue de la Sainte Vierge, sculptée dans la pierre grise. Suzanne s’agenouilla, suppliant la Mère de Jésus de veiller sur ce bébé qu’elle lui présentait, de lui accorder santé du corps et de l’esprit. Elle demanda cela avec d’autant plus de ferveur, que son frère jumeau, Michel, était mort dix jours après sa naissance.

Jacques-Désiré fut baptisé et fit sa première communion dans la petite église, originale avec sa chaire et son curieux escalier. Les bancs qui datent de l’époque n’ont pas changé.

Aujourd’hui, on y célèbre rarement la messe et il faut réclamer la clef de l’église pour la visiter. Une artiste de la région, Annick Vigny a composé un tableau d’après un portrait du Bienheureux avec l’évocation de l’île Maurice et de l’église de Croth. Ce tableau est accroché non loin des fonds baptismaux.

Une plaque commémorative a été placée, en septembre 1979, par les autorités locales, au 14, rue de la mairie, c’est-à-dire à l’endroit où Jacques-Désiré est né. L’emplacement de la ferme, proche du carrefour de la Gare est certain.

(II) Sorel

A quelques minutes à pieds, en passant sur le pont situé entre l’ancienne papeterie Firmin-Didot et la maison du pêcheur, se trouve Sorel avec son oratoire Saint-Roch où Suzanne Delérablée, la mère de Jacques-Désiré, allait prier pour qu’il soit protégé des épidémies d’alors.

(III) Louye

C’est dans ce village qu’en 1816, les Laval s’installèrent quand ils quittèrent Croth. Ils ont habité la ferme du château du comte d’Arjuzon et qui a conservé son aspect originel avec ses granges, sa bergerie et son énorme colombier.

La tombe de Jacques Laval (né à Croth le 30 avril 1769 et décédé à Louye le 7 janvier 1824) et de sa seconde épouse, Marie-Louise Durvye (née à Sorel le 7 décembre 1791 et décédée le 31 mai 1874) se trouve dans le cimetière du village.

(IV) Tourville-la-Campagne

L’oncle de Jacques-Désiré, le chanoine Nicolas Laval (né à Croth le 9 février 1767 et décédé en 1852) fut curé de cette paroisse de 1813 à 1852, située près d’Amfreville, entre Elbeuf et le Neubourg. Il avait ouvert dans son vaste presbytère une école presbytérale. Son neveu logea avec lui de 1817 à 1820 ; c’est là que Jacques-Désiré apprit à « écorcher le latin ».

Plus tard, pendant son séminaire à Paris, puis après son ordination, le Père Laval aimera revenir à Tourville auprès de son oncle, aux vacances et chaque fois qu’il en avait la possibilité. C’est aussi de là qu’il partira en toute hâte, le matin du 14 mai 1841, pour se rendre à Londres où son départ pour Maurice était initialement prévu le 20 du même mois.

A côté de l’église et du presbytère se trouve une seule tombe, celle de l’abbé Nicolas Laval. Une plaque de marbre évoque ses mérites. Une plaque plus récente est accrochée au mur de l’église pour rappeler le passage de Jacques-Désiré Laval à Tourville.

(V) Evreux

En 1821, Jacques-Désiré Laval a suivi des cours au Collège d’Evreux. Il habitait dans un foyer de jeunes, attaché au grand séminaire. A Evreux, il ne fit aucun progrès et son père le fit venir travailler à la ferme familiale. Un an après, comme on le sait, son père l’envoya au Collège Stanislas de Paris, situé au 22 rue Notre-Dame-des-Champs, dans le VIème arrondissement et où il fit de très bonnes études.

A la cathédrale, le jeune docteur Laval, alors médecin de Saint-André de l’Eure, y vint en 1832 dans l’intention de se confesser à l’archiprêtre, mais il se découragea au dernier moment.

(VI) Saint-André de l’Eure

Pendant quatre ans de septembre 1830 à avril 1834, Jacques Laval, devenu médecin, y a exercé. Dans ce village maintenant très animé, sa demeure se trouvait au 14, avenue de Breteuil.

Le jeune docteur Laval délaissa sa religion et se brouilla avec un confrère et un pharmacien. Il se décida à s’installer ailleurs.

(VII) Ivry-la-Bataille

A l’est de Saint-André, il s’installa dans cette ville marquée par Henri IV, avec l’accord des trois médecins de la région et y retrouva la pratique de la foi. Il y passa une année, d’avril 1834 à juin 1835. Sa demeure était l’ancienne Gendarmerie, non loin du pont de l’Eure.

Dans l’église, un magnifique vitrail, don de Mme Veuve Auguste Laval, née Julie Ledoux, la belle sœur de Jacques-Désiré, résume toute la vie du bon Père.

Au centre y est représenté le Père Laval prêchant aux Noirs de l’île Maurice et, sur son lit de mort, guérissant Caroline Prosper. De chaque côté, en haut du vitrail, deux images en l’honneur des saints patrons d’Auguste Laval et de sa femme Julie ; plus bas, des paysages de l’île Maurice, la rade de Port-Louis, le Pouce, des champs de cannes, le tombeau de l’apôtre, l’ancienne cathédrale et l’église de Pamplemousses.

C’est dans cette même église que le docteur Laval regroupa les fidèles pour célébrer le Mois de Marie devant une statue de la Vierge qui existe toujours.

La tombe d’Auguste Laval, né à Croth le 23 août 1805 se trouve dans le cimetière du village.

Non loin d’Ivry-la-Bataille, des vitraux, ayant le Père Laval pour motif, se trouvent dans l’église de Garennes, mais aussi beaucoup plus loin dans celle de Champseru, située dans le diocèse de Chartres.

(VIII) Villiers-en-Désoeuvre

C’est sur la route qui descend vers Bueil, d’Ivry à Villiers qu’on situe l’accident de cheval du Docteur Laval, le 3 février 1835.

(IX) Epieds

C’est le pays natal de Suzanne Delérablée (née le 25 septembre 1770 et mariée le 28 janvier 1797 à Epieds, et décédée à Croth le 21 avril 1811). Le Dr Laval y est allé souvent pour rendre visite à l’abbé Létard, curé de cette paroisse.

La petite église au milieu du cimetière est toujours là. Elle est aujourd’hui trop grande pour le petit nombre de pratiquants. Il n’y a plus de prêtre résidant. Le presbytère contigu à l’église a été reconverti en une coquette petite maison habitée par un dentiste.

Dans l’église on voit toujours l’autel, le confessionnal et d’autres objets datant de l’époque du Père Laval. L’abbé Létard fut son ami et son confident des années de séminaire et de sacerdoce.

(X) Pinterville

Pendant deux ans, de février 1839 à la fin février 1841, le Père Laval fut curé de cette paroisse. C’est en effet le 19 février qu’il fit ses adieux à ses paroissiens et son dernier acte de baptême signé de sa main est daté du 23 du même mois.

La petite église de la Sainte-Trinité est restée telle qu’elle était de son temps. Le Père Laval fit surélever le chœur et ériger deux autels dédiés, l’un à la Vierge, l’autre à Saint-Joseph. C’est sur ce dernier autel qu’on posa le buste du Père Laval lors de la béatification.

Les vitraux furent endommagés en 1945 par l’explosion d’une bombe, derrière l’église. Ceux de la nef furent complètement détruits et remplacés par deux magnifiques vitraux représentant le Père Laval : d’un côté à Pinterville, de l’autre à Maurice ; l’un le représente à cheval, portant secours à ses paroissiens lors d’une grave inondation et en prière devant l’autel, l’autre nous le montre prêchant à l’île Maurice et désignant le Christ de la main droite mais aussi à son lit de mort guérissant Caroline Prosper.

On y voit toujours les marches du maître-autel où il a célébré la Sainte Messe avec tant de ferveur, la chaire d’où il prêchait, son confessionnal et les fonts baptismaux.

Le presbytère a été vendu à une famille en 1924.

(XI) Acquigny

Quand cette paroisse était sans curé en 1840, l’abbé Laval y allait pour assurer la messe.

11/26/2007

"Père Laval pour les nuls"

A Maurice, la dévotion qui entoure la tombe du bienheureux Jacques-Désiré Laval, à Sainte-Croix, dans la banlieue proche de Port-Louis depuis sa mort le 9 septembre 1864 et qui s’est amplifiée d’année en année en s’élargissant à toutes les couches de la population chrétienne et à toutes les communautés ethniques fait sans conteste, de ce prêtre catholique la figure la plus populaire et prestigieuse de l’île.

Mais qui est cet homme ? Etait-il un homme supérieur, d’un talent oratoire hors du commun ?
Le Père Laval n’était ni un savant ni un génie. Il se prenait lui-même pour « une bonne bête et un bon à rien ». Mais, c’est le propre d’un « Saint » à ne pas soigner son image, persuadé qu’il est toujours inférieur à sa tâche. Le Père Laval, voué corps et âmes au service des opprimés, fut vraiment modeste et le bien qu’il faisait, il songeait plus à le cacher qu’à le montrer.

Jacques-Désiré Laval naquit le 18 septembre 1803 à Croth, petit village de la vallée de l’Eure, non loin d’Anet alors que la France était encore bouleversée par les événements de la Révolution et les guerres Napoléoniennes. Il fut nommé Jacques comme son père, propriétaire aisé d’une ferme et maire du village, et Désiré parce que ses parents souhaitaient vivement un garçon après les trois premières filles.
Après des essais, plus ou moins réussis, de premières études, d’abord dans une école presbytérale sous la conduite de son oncle Nicolas, curé doyen de Tourville-la-Campagne, puis au petit séminaire d’Evreux, son père l’envoya au Collège Stanislas de Paris, d’où il sortit bachelier ès lettres, à l’âge de 22 ans et ès sciences l’année suivante.

« Etant jeune homme, j’allais comme les autres trouver une femme qui, pour deux sous, faisait tirer la bonne aventure. Je tirais trois cartes : la vieille sorcière me dit entre autres choses : pour toi, mon garçon, tu feras un grand voyage ; tu passeras les mers ; tu iras très loin, mais tu n’en reviendras pas. » précisera J-D Laval.

Jacques Laval entreprit des études de médecine à la Sorbonne et soutint avec succès le 21 août 1830 une thèse sur le rhumatisme articulaire. La révolution de 1830 éclata et les barricades dressées dans la capitale ramèneront le jeune docteur en Normandie.

Pendant quatre ans, de septembre 1830 à avril 1834, Jacques-Désiré Laval fut médecin à Saint-André de l’Eure, faisant souvent preuve d’une grande charité, mais une campagne de calomnies organisées contre lui l’obligea à se fixer à Ivry-la-Bataille, où eut lieu un grand virage dans sa vie. Jacques Laval se plaisait alors dans le confort et le luxe. Il aimait parader en uniforme, à la tête de la garde nationale de sa commune et se faisait remarquer par l’élégance de ses habits, le luxe de ses meubles et ses réceptions. Mais cette vie jugée facile et égoïste ne le comblait pas. La conversion du Dr Laval, torturé par le remord, fut lente mais profonde. Une déception amoureuse avec une cousine, une chute de cheval qui aurait pu être mortelle ne furent peut-être qu’une coïncidence ! Jacques Laval annonça alors, au grand étonnement de beaucoup, son entrée au séminaire d’Issy-les-Moulineaux le 15 juin 1835.

M. Le Hir, sulpicien nous laissa cette anecdote : « Un jour de promenade d’hiver, nous récitions ensemble notre bréviaire à découvert dans l’allée de Lorette, à Issy. Le froid était intense, la neige couvrait la terre. Et, M. Laval était si mortifié et paraissait si endurci à la souffrance, qu’il ne semblait même pas s’en apercevoir ; il récitait posément, articulait chaque mot avec la gravité de religieuses cloîtrées psalmodiant leur office en chœur. En le voyant si posé, je me disais en moi-même : ce bon M. Laval est vraiment bien courageux ; mais s’il pouvait pourtant aller un peu plus vite ! »

Quatre ans plus tard, Jacques Laval est ordonné prêtre dans la chapelle du séminaire de Saint-Sulpice de Paris.

Le 8 janvier 1839, le Père Laval est nommé « desservant » d’une petite paroisse de 485 habitants, située au sud de Louviers, Pinterville. Il y restera deux ans ce qui lui permit de vivre son noviciat de futur missionnaire : austérité de vie, porte ouverte aux pauvres, attention aux conditions de vie des paroissiens et permanence de la prière.

Un jour, le Père Laval marchait à côté de sa belle-mère. Il lui dit en voyant les beaux caveaux d’un cimetière : « Voyez-vous, Maman, lorsque je viendrai à mourir, je veux qu’on ne m’accorde aucune distinction, mais que l’on m’enterre dans un endroit où tout le monde passera sur moi et me marchera sur le corps. »

L’abbé Laval entendit alors l’appel d’une plus grande misère à soulager. Monseigneur Collier, nommé vicaire apostolique de l’île Maurice, accepta ses services pour l’apostolat des Noirs récemment affranchis de l’esclavage. Le Père Laval entra dans la société du Saint-Cœur de Marie fondée par le Père Libermann. Il quitta Pinterville à tout jamais le 23 février 1841, arriva à Londres le 14 mai et s’embarqua, les mains vides, sur le « Tanjore » le 4 juin 1841.

Le Père Laval ne reverra plus l’Europe.

De Londres à Maurice, la route maritime contournait l’Afrique par le Cap de Bonne-Espérance. L’esclavage venait d’être abolie dans cette colonie britannique le 1er avril 1839, et le désordre, la corruption, l’injustice et l’immoralité s’étalaient parmi les habitants de l’île.

Après cent jours de traversée, le Père Laval débarqua à Port-Louis dans la plus grande indifférence. L’arrivée de ce prêtre catholique et français n’était point souhaitée par le Gouverneur de l’île, Sir Lionel Smith. Le 26 septembre 1841, le Père Laval reçut la charge de la Mission des Noirs et en fin intellectuel, il se mit à apprendre leur langue « le parlé créole », se fit un catéchisme de base et repéra parmi les Affranchis le petit groupe de ceux qu’il pourrait former pour qu’ils deviennent ses aides.
Le Père Laval portait une soutane rapiécée et voyageait à dos de bourricot. Il vivait retiré dans un petit pavillon de bois, dans la cour du presbytère pour recevoir ses « chers Noirs », ébahis de s’entendre appelés « Monsieur ; Madame ». Il fit même pour eux, chaque dimanche, à midi une messe spéciale.

Chaque jour, le Père Laval leur rendait visite dans leur huttes, à l’hôpital et à la prison. Il fit construire de petites écoles de brousse et des centres de prière à travers le pays et, depuis son confessionnal, il veillait à leur bon fonctionnement. Détruites pour la plupart par un terrible cyclone le 8 mars 1848, ces chapelles furent aussitôt reconstruites avec enthousiasme par les fidèles.
Le Père Laval, d’abord seul puis secondé par d’autres missionnaires, sut guérir et remettre debout, physiquement et moralement tout un peuple que les nantis se plaisaient à considérer comme marginal. Mais plus les succès augmentaient, plus l’opposition croissait ! Les Blancs le surnomma « la grosse bête noire » et le Père Laval dut même assurer ses instructions du soir sous la protection de deux policiers.

Un soir, le Père Laval regarda l’assistance et dit calmement : « J’ai appris, mes enfants, qu’il en est parmi ceux ici présents, qui ont juré de m’ôter la vie. Eh bien ! qui que vous soyez, sachez que je n’ai peur ni de vos menaces, ni de la mort. Voilà mon Maître, ajouta-t-il en montrant à l’auditoire consterné sa croix de missionnaire, c’est le seul Maître que je craigne. Si vous voulez ma mort, sachez que je vais me rendre présentement au presbytère. » La réunion finie, l’église se vida et le Père Laval fit silence devant le tabernacle. Quand il sortit de l’église, il trouva deux rangées de ses Noirs depuis l’église jusqu’au presbytère pour lui permettre de rejoindre sain et sauf son petit pavillon.

Une fois l’aversion passée, les sentiments des colons blancs évolueront peu à peu vers la confiance, et pour certains vers une profonde admiration.

Un jour, le Père Laval fut présenté à un religieux revêtu d’une soutane qui, décolorée par le soleil d’Afrique, tirait vaguement sur le violet. Pensant que c’était un évêque, il s’agenouilla devant lui et lui demanda sa bénédiction :
- Je ne suis même pas un prêtre, je ne suis qu’un simple Frère, protesta vainement l’humble fils de Saint-François.
- Eh bien ! moi, je ne suis qu’un pécheur !,
répartit le Père Laval qui ne voulut point partir avant qu’il n’eût reçu sa bénédiction.

Le 2 février 1852, le Père Libermann décéda à Paris. Son successeur, le Père Schwindenhammer nomma le Père Laval qui n’avait pas fait de Noviciat et connaissait mal les Règles de la vie religieuse et, de plus, répugnait à écrire des rapports, supérieur provincial des missions de Bourbon (île de la Réunion) et de Maurice. Le Père Laval vivra mal cette nomination.

Au début de mai 1854, le choléra éclata à Maurice et très vite les hôpitaux furent complets. Cette épidémie causa 15 000 morts dont 4 000 à Port-Louis. Le Père Laval, en excellent organisateur se dévoua à l’extrême pour les malades et les mourants. Il en fit de même lors de l’épidémie de variole, elle aussi très meurtrière en 1856.

Le Père Laval a vécu dans le provisoire. Il a connu le même manque de sécurité que certains émigrés d’aujourd’hui, les « Sans-papiers ». Il était perpétuellement sous la menace d’une expulsion de la part de l’administration britannique. A tout moment, il aurait pu recevoir l’ordre de quitter Maurice, de prendre le premier bateau en partance.

Malade à la fin de sa vie et après avoir été frappé par des attaques d’apoplexie, il mourut pieusement le vendredi 9 septembre 1864.

A un visiteur dont il savait la grande charité, le Père Laval déclara avant de mourir : « Continuez à travailler pour les pauvres ; c’est le travail dont on conserve le meilleur souvenir à l’heure de la mort. J’ai bien travaillé pour eux, surtout depuis que je suis dans ce pays-ci. Ils m’attendent là-haut pour m’aider à entrer dans le ciel. »

Quand le dimanche suivant, à onze heures du matin, on ferma son cercueil, 20 000 personnes avaient défilé devant le corps.
Il n’y avait eu personne pour l’accueillir à son arrivée à Maurice, il y en eut 40 000 pour l’escorter à sa dernière demeure, au pied du calvaire, devant l’église de Sainte-Croix.

Le Père Jacques-Désiré Laval fut déclaré « Bienheureux » par le Pape Jean-Paul II le 29 avril 1979, en la basilique de Saint-Pierre de Rome. Il fut le premier spiritain à avoir cet honneur.

Aujourd’hui, personne n’a oublié l’humble missionnaire : le pèlerinage annuel de Sainte-Croix rassemble entre 100 000 et 200 000 Mauriciens. C’est aussi 12 000 pèlerins par semaine le long de l’année. Le Père Laval vit dans la mémoire de tous les Mauriciens ; sa tombe est entourée d’un culte sans précédent et vraisemblablement son nom subsistera de génération en génération.

Maurice, état laïc où la liberté religieuse est garantie par la Constitution, est le lieu privilégié où les grandes religions du monde se côtoient quotidiennement dans la paix et l’harmonie. Le Père Laval conserve une place privilégiée dans la tradition religieuse mauricienne et a conduit son épanouissement.
Apôtre de paix, dont la piété exceptionnelle et la charité envers les plus faibles inspirèrent toute une nation, le Père Laval continue à incarner l’unité dans la diversité et la solidarité agissante. Il reste toujours un grand rassembleur, transcendant les barrières religieuses et psychologiques dans un pays multiracial et multiculturel, qu’est cette île de l’Océan Indien.
Le Père Laval, l’homme de la libération et de la réconciliation reste un modèle et peut être comparé aux plus grandes figures de l’Eglise, aux plus grands Saints canonisés.

Benoît Smerecki

Pour en savoir plus :

Benoît Smerecki
Jacques-Désiré LAVAL
1803-1864
Itinéraire d’un bienheureux
De sa Normandie natale
… à l’île Maurice
Editions Publibook, 240 pages

10/15/2007

Angleterre - La Père Laval Association fête l'Apôtre des Noirs

La Père Laval Association (Angleterre) a célébré la messe annuelle d'action de grâce au Père Laval le 9 septembre dernier, en l'église de St. Mary's, à Clapham Common, dans le sud-ouest de Londres.

«Comme les années précédentes, l'église était bondée tant pour la messe que pour la fête qui a suivi», raconte Clency Mariapa, secrétaire de l'association. Une messe présidée par Mgr Maurice Couve de Murville, archevêque émérite de Birmingham et président d'honneur de l'association ; le père Jean-Patrice Coulon, salésien d'origine mauricienne ; et le père Ralph Hesketh, supérieur de la congrégation des pères Rédemptoristes.

10/02/2007

Mgr Piat au Canada

L’évêque de Port-Louis a confirmé sa visite au Canada au début d’octobre 2007 pour le 25ème anniversaire de Trait-d’Union Canada-Maurice.

Voici les dates à retenir :
Montréal : 29-30 septembre + 20-21 octobre
Ottawa : Jeudi 4 octobre
Toronto : 5- 8 octobre
Calgary : 9-11 Octobre
Vancouver : 12-14 Octobre
Washington : 15-16 Octobre

Mgr Piat au Canada pour le 25e anniversaire de TCUM

Désireux de participer à la vie de l'Église à Maurice en apportant un soutien financier aux divers projets du diocèse de Port-Louis, un groupe de Mauriciens émigrés au Canada a fondé, en 1983, l'association Trait-d'Union Canada-Maurice (TUCM). Dans le cadre du 25e anniversaire de l'association, l'évêque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat, se rend à partir de demain au Canada pour célébrer cet événement.

L'évêque de Port-Louis s'envole, demain pour le Canada avant de se rendre à Washington et en France pour rencontrer d'autres Mauriciens. Sa tournée à l'étranger prendra fin le 15 novembre. L'association TUCM organise régulièrement des levées de fonds au Canada. Ces fonds sont ensuite versés au diocèse de Port-Louis pour le financement de ses diverses activités.

Le premier lieu de visite de l'évêque sera Montréal où il doit animer une retraite pour la communauté du Carmel de Montréal, qui est la communauté fondatrice du Carmel de Bonne-Terre, à Maurice. Après Montréal, il se rendra à Ottawa avant de mettre le cap sur Toronto, Calgary, Edmonton et Vancouver. Selon le diocèse de Port-Louis, dans chacun de ces endroits, Mgr Piat animera un temps fort spirituel, célébrera une messe solennelle pour la communauté mauricienne et sera l'invité d'honneur de réceptions marquant le 25e anniversaire de TUCM. L'évêque ira par ailleurs à Washington où il rencontrera les immigrés mauriciens de cette ville.

Au terme de son séjour au Canada et aux Etats-Unis, Mgr Piat se rendra en France où il visitera les séminaristes mauriciens en étude à Nantes, ainsi que le père Jeff Manal qui étudie la catéchèse à l'Institut Lumen Vitae à Bruxelles et la Communauté du Chemin Neuf aux Pothières, près de Lyon.

VISITE DE Mgr. MAURICE E. PIAT AU CANADA ET AUX U.S.A

Dear friends,

We have the great honour of welcoming Monseigneur Maurice PIAT c.s.sp. in Ottawa.

Mgr Piat will preside a mass at the St Joseph church, where we will celebrate the anniversary of Pere Laval.

When: October 4th, 2007 at 19:00 Hrs.

Location: St Joseph bvld, Orleans

Everyone from the Mauritian community and all our friends are invited. - Venez en grand nombre !! There will be a pot luck organized after the mass so all attendees can meet with Mgr Piat.

Let's all come together once more and make this celebration one to remember.

2757 boul. St. JosephOrléans, Ontario

Directives pour se rendre à l'église St. Joseph. Sur l'autoroute Hwy 17 East/RR 174 E vers Rockland, prendre la sortie Rue Champlain vers RR 39, prendre la droite sur Place d'Orléans, puis la droite sur boul. Orléans, l'église est à 30 secondes de là, à votre droite.

9/24/2007

Jacques-Désiré Laval (1803-1864) - Itinéraire d'un bienheureux - De sa Normandie natale à l'île Maurice


« Jacques-Désiré LAVAL (1803-1864) - Itinéraire d'un bienheureux - De sa Normandie natale à l'île Maurice »

Editions Publibook
Livre de Benoît Smerecki, 240 pages, préfacé par Mgr Maurice E. Piat, évêque de Port-Louis et le Père Guy Rose, aumônier des Mauriciens de France
Disponible sur :

- AMAZON : http://www.amazon.fr/

- PUBLIBOOK : http://www.publibook.com/

et dans toutes les bonnes librairies.

Mgr Amédée Nagapen : « Le Père Laval : bienheureux ou agent politique des colons ? »

Ces dernières semaines, de nombreux catholiques ont été surpris d'entendre des historiens affirmer que le Père Laval n'a pas été l'Apôtre des Noirs, mais plutôt un agent politique des colons. «La Vie Catholique» a rencontre Mgr Amédée Nagapen, historien, pour en savoir plus.

D'où vient cette thèse que le Père Laval s'est placé du côté des colons contre les anciens esclaves ?

Il faut savoir que cette idée vient d'une thèse de doctorat de Didier Colson. Cet historien reconnaît la sainteté du missionnaire Jacques Désiré Laval, «homme de prière, ascète, humble, désintéressé, aimant». Quand Laval débarque à l'île Maurice en 1841, il rencontre une masse d'anciens esclaves émancipés deux ans plus tôt et dont les cœurs trépignaient de rancœurs, sinon de haine. Cette classe de Noirs entretenait tous les ingrédients capables d'exploser en révolte. Toutefois, de révolte il n'y en eut point. Parce que le Père Laval est venu opérer une révolution, une révolution des esprits et des cœurs. L'Evangile de Jésus-Christ, dont il venait abreuver ces milliers d'affranchis, leur fit prendre conscience de leur dignité d'hommes et de femmes debout, de fils et de filles de Dieu.

Pourquoi l'accuse-t-on alors d'avoir été au service du pouvoir des colons ?

La thèse de Didier Colson se situe à un niveau politique et sociologique ­ démarche et méthodologie que je conteste.
Il faut savoir que les Blancs d'origine française se sont retrouvés fragilisés avec l'abolition de l'esclavage et l'introduction des «engagés» de l'Inde, surtout face au pouvoir britannique. Et ils ont alors eu recours au catholicisme. Et l'arrivée de Laval tombe à point nommé dans la colonie. Pour ces colons, c'est «Mobilisons les catholiques !» Et Colson tente de montrer que l'Eglise a favorisé les Mauriciens français. D'où l'orientation qu'il donne à l'action du Père Laval. Colson avance que Laval a conduit les Noirs opprimés vers leurs maîtres grâce à une même foi, ce qui firent des anciens esclaves de bons serviteurs.

Colson s'est donc trompé ?

Colson veut démontrer, maladroitement, que le Père Laval n'a été que le suppôt des Blancs. Ce réquisitoire anti-Laval entre dans le courant de pensée cher aux intellectuels de la seconde moitié du XXe siècle voulant que l'homme opprimé ne se libérait de sa condition qu'en se révoltant. Colson reproche au Père Laval son inertie sur le plan politique. Il estime que «la dignité que le Père Laval reconnut aux Noirs, comme aux opprimes en général, aurait dû, pour être complète ; aller jusqu'au droit de leur spécificité personnelle et politique dans la Cité».
Pour Colson, le missionnaire était incapable d'imaginer la question sociale. Il estime que le Père Laval, en moralisant les Noirs, «leur donna la dernière [place], celle que souhaitaient pour eux leurs anciens maîtres, les colons, apeurés de la revanche, des contrecoups de la liberté devenue folle».
L'auteur, au lieu de parler de «libération effective», l'émancipation ayant déjà eu lieu, il conviendrait plutôt de parler de «compromis», le «respect de l'ordre établi demeurant fondamental» pour l'Apôtre des Noirs.

Qu'est-ce qui nous permet de dire que le Père Laval a été proche des Noirs ?

C'est une évidence confirmée par des faits historiques. Des documents de l'époque parlent de «paroisse de 80 000 Noirs du Père Laval.» Les exemples abondent de la pastorale spiritaine de l'époque tant à Port-Louis qu'à la campagne. Sont aussi des faits avérés: les 75 catéchistes, les conseilleuses et le catéchisme en créole ainsi que son apostolat à la cathédrale en créole. Ou encore l'accueil dans son cagibi et son apostolat à la sacristie et la messe des Noirs le dimanche à midi. Il a construit une dizaine de chapelles à Port-Louis et ses environs. Et il y a des centaines de témoignages d'affection dans de nombreux documents de l'époque.

Colson s'est donc trompé ?

Il s'est trompé de siècle et de personnage ! S'il avait construit son argumentaire autour de Pierre Poivre, il aurait eu 100% raison. Poivre avait demandé aux maîtres de bien traiter leurs esclaves, car «des esclaves bien traités serviront toujours bien leurs maîtres».

La Vie Catholique

9/17/2007

«Avek Père Laval Pa Zet Lekor»

Catholiques et autrement croyants des quartiers d'Olivia étaient réunis autour de la grotte consacrée au Bx Père Laval dans le quartier de Boutique-Charlie pour redécouvrir qui fut ce grand apôtre que nous célébrons chaque année le 9 septembre.

C'est par le chant Viv to lavi pou levanzil que la veillée du 8 septembre a débuté. Une soirée très riche, divisée en plusieurs parties, où, à travers le CD sur la vie du Bx, présenté par le père Louis Verchère, nous avons pu revivre le parcours du père Laval de sa France natale jusqu'à chez nous.

A travers des sketches présentés par certains quartiers, nous avons pu revivre les étapes de la mission du père Laval et comprendre ce que sa mission nous enseigne encore aujourd'hui ; cela nous a permis de réfléchir sur la grande question de la soirée : Ki nou mission dan legliz azordi ?

Notre mission : être à l'écoute de la parole de Dieu, la mettre en pratique pour être un soutien les uns les autres dans l'amour et la persévérance, à l'exemple de père Laval. A la fin de la veillée, les intentions de prière ont été pour une Eglise plus unie et solidaire. Dans la joie et la reconnaissance, nous chantions :«Merci difon nou leker... Merci, merci Père Laval.»

Pendant que les gens réunis priaient autour du mini-caveau du bienheureux avant de rentrer chez eux... Rendez-vous à 8h30 le matin du 9 septembre pour une procession de la cour de la chapelle Ste-Thérèse-de-l'Enfant-Jésus à la grotte du père Laval, pour la célébration de la messe et encore une fois rendre hommage à celui qui a évangélisé notre île Maurice.

Participation active du Conseil des religions

Les membres du Conseil des religions ­ la pandita Pokraz (Arya Samaj), François Lan (Bouddhist Association of Mauritius)), Masjid Abdool Karrumtallee (Muslin Citizens Council) et le pandit Ved Gopee (Sanatahn Dharma Temples Federation) - ont fait de courtes interventions et une prière au tout début de l'eucharistie présidée par Mgr Maurice E. Piat.

Une intervention pour, d'une part, motiver leur «cause commune dans le combat contre le VIH/sida». Et, d'autre part, leur engagement dans la présente campagne de sensibilisation et de prévention : «Se débarrasser de ce fléau qui menace à la fois notre jeunesse et notre société.»

Ainsi, le Masjid Abdool Karrumtallee a rappelé que «Dieu ne change pas les conditions d'un peuple à moins que celui-ci ne change de comportement, d'attitude». Alors que le pandit Ved Gopee a insisté sur l'importance de «canaliser la puissance des religions afin de consolider davantage l'harmonie, favoriser le dialogue entre les différentes cultures et religions et ainsi arriver à un monde meilleur». Et que la pandita Auckraz et François Lan ont abondé dans le même sens ; la première nommée notamment en priant pour le respect des femmes.

La vie Catholique

P. LAVAL 2007 - Mgr Maurice E. Piat : «La drog pa zis dan site ; tou kominote konserne. Nous sommes tous vulnérables. Tou ! »

Ils étaient plusieurs milliers à se déplacer le week-end dernier au tombeau du Bx Père Laval. Venus des quatre coins de l'île, souvent en groupes, enfants, femmes et hommes ­ toutes religions confondues ­ ont rendu hommage à l'Apôtre des Noirs pour sa contribution à l'Église et à la société mauricienne. Prier que son exemple les guide et les porte dans leur quotidien. Une marée humaine réconfortée par un même message : «Avek Père Laval, na pa zet lekor», thème du pèlerinage 2007, et ce en lien avec la Lettre pastorale de cette année («Ayez le courage d'espérer»), invitant à la confiance dans le Christ, à croire dans nos capacités communes et à persévérer.

Prenant exemple sur le père Laval, Mgr Maurice E. Piat a exhorté les Mauriciens à un véritable engagement face à la drogue et au VIH/sida. Pour ce faire, il leur a proposé trois pistes d'action. D'abord, ne jamais y rester indifférent : «Pran kont, ouver lizie.» Puis, ne pas s'adonner à des pratiques de rejet : «Donn lamin, soutenir.» Et encore, «ne pas être spectateur, mais acteur et s'engager pleinement dans la prévention».

Dès ses premiers mots, l'évêque s'est donné la peine de situer l'ampleur du fléau de la drogue et de son corollaire, le VIH/sida. Avec comme motivation celle de contrer l'indifférence. Le VIH/sida se propage aujourd'hui à 90% par des seringues infectées. 10% des jeunes de moins de 25 ans s'injectent de la drogue. Le pays occupe la première place sur le continent africain et deuxième au niveau mondial en termes de consommation de drogue, a rappelé Mgr Maurice E. Piat.

La drogue, dira encore Mgr Piat, conduit à la violence et à l'insécurité. «Quand la personne est fat yen ­ en manque ­, la souffrance est terrible. Elle est telle qu'elle n'a plus peur de la police, des coups. Son obsession est de se trouver sa dose. Ladrog fan insekirite dan pei. Ki nou pou fer ek nou zoli lakaz, nou zoli loto ? Eski nou bizin met nou zoli bizou dan labank ?»


Tous vulnérables

Tout un tableau qui l'a conduit à s'étendre sur la capacité du VIH/sida à se développer de manière exponentielle et sur ses dangers. «La drog pa zis dan site ; tou kominote konserne. Lavil, vilaz, zom, fam. La drogue répand aussi le VIH/sida parce que les gens sont sexuellement actifs. Elle a fait son entrée dans les collèges ; quelque cent jeunes vivent aujourd'hui avec le VIH/sida. Personne ne peut aujourd'hui dire : Dans nou pena sa. Mo fami a labri. Nous sommes tous vulnérables. Tous !»

De l'avis de Mgr Maurice E. Piat, la drogue et le VIH/sida sont les «problèmes numéro un» du pays. Détruisant notre jeunesse, apportant souffrance dans les familles et affaiblissant notre force de travail. Et de pointer du doigt les «approches fragmentées» tout en préconisant «la collaboration de tous et un leadership fort».


Décision de cœur

Plus loin, Mgr Maurice E. Piat s'est interrogé : «Qui parmi nous ira causer avec les pharaons, les barons de la drogue ? Pour leur porter le message suivant : Zot osi ena fam, zanfan, fami. Zot osi kon lasoufrans. Comment pouvez-vous dormir tranquillement alors que vous investissez dans une culture de la mort, dans la mort de notre société ?» Et d'insister que la police seule ne peut arrêter ce commerce de la mort. Car il faut au préalable une «décision de cœur».

Développant son deuxième point ­ ne pas s'adonner à des pratiques de rejet ­, en s'appuyant sur l'évangile du jour (les apôtres nourrissant la foule avec cinq pains et deux poissons), Mgr Piat a invité les Mauriciens à être aux côtés des toxicomanes et des porteurs du VIH/sida.

Droits et devoirs

«Qui va descendre sur le terrain ? Qui va partager ses cinq pains ? Ses cinq pains de courage, d'amitié, de générosité. Ne les accablez pas, ne les stigmatisez pas : Pa dir zot inn rode, tan pi. Ces frères et sœurs sont des enfants de Dieu ; ils ont droit à un traitement gratuit, à un encouragement, à un soutien pour continuer leur vie»

Des droits, mais aussi des devoirs de la part de celui/ceux qui s'engage/nt dans des comportements à risques : se soumettre à des tests de dépistage, prévenir son/sa partenaire de son état de santé, se protéger et protéger son/sa partenaire et, en aucun cas, mettre la vie des autres en danger.


Lecteurs engagés

Incitant les Mauriciens à «être acteurs» dans le combat du VIH/sida, Mgr Maurice E. Piat a rappelé que cette maladie ne s'attrape pas à la manière d'une grippe ou encore du chikungunya. «Bizin al rod-li. Donc, il y a la possibilité de faire un travail de prévention. De décourager les gens à aller chercher la maladie pour l'emporter chez eux. La drogue, c'est une marchandise, un commerce. La pub nous dit qu'elle donne le nisa. C'est archifaux ! La jouissance ne dure que quelques moments et, après, c'est une très grande souffrance.»

Pour ce faire, l'évêque en appelle à la jeunesse mauricienne pour montrer qu'une vie heureuse et épanouie est possible sans drogue, sans alcool. Et, s'adressant aux diverses composantes de la société, il a fait un vif plaidoyer pour des «loisirs sains où les jeunes seraient acteurs», l'encadrement de ces derniers, dans différents domaines, par de jeunes adultes, l'organisation d'«activités sociales volontaires permettant aux jeunes de donner de leur temps au service de la société».

Mgr Maurice E. Piat a conclu son plaidoyer par un appel aux autorités. En faveur d'un «plan national» de lutte, porté par la concertation et un «leadership fort». Avec la contribution de toutes les communautés et religions. Ce, avant de «rendre grâce pour tous ceux qui se donnent de la peine, de leur courage, de leur temps pour barrer la route à la drogue et au VIH/sida».

Danièle Babooram

9/13/2007

PINTERVILLE 2007


Pèlerinage diocésain
L'évêque d'Evreux a participé le dimanche 9 septembre 2007 au pélerinage diocésain du Père Laval.

video

9/10/2007

PÈRE LAVAL Messe samedi à Ste-Croix - Mgr Piat sollicite toutes les religions contre la drogue et le sida

" La drog ek sida, pa zis enn maladi me enn problem numero enn dan nou pei ki pe afebli nou fami, amenn insekirite ", a souligné l'évêque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat, lors de la principale messe célébrée à l'occasion de l'anniversaire de la mort du père Laval samedi à Ste-Croix. Le thème de cet événement cette année étant Avek Per Laval, pa zet lekor, l'évêque a fait un plaidoyer à la population pour " ouvrir un chemin de collaboration entre les personnes de toutes les religions pour combattre ce grand fléau ".

" Eski nou pou zet lekor ou kouma Père Laval nou pou avanse ? ". C'est ainsi que l'évêque a interpellé la foule de pèlerins. Auparavant, il devait anticiper en répondant à une éventuelle question de certaines personnes. " Ena kapav dir kifer relizion interese avek sida ". La réponse, dit-il, se trouve dans l'histoire de Moïse. " Bon Die dir mo finn trouv soufrans de mon peuple. Mo finn desan e aster mo rod toi. Ce qui veut dire qu'avant même que nous ayons compris la souffrance du sida, Dieu l'a vue et il est là. C'est lui qui nous appelle. Et, nous devons répondre ".

Il a exhorté les diverses religions à " pa zet lekor " mais à, tout comme le père Laval, " faire de petits pas ". Il en a suggéré trois. D'abord, ne pas rester indifférent. " Le sida est en train de se propager à 90 % par la drogue. 10 % des moins de 25 ans s'injectent de la drogue dans le corps. Maurice est le 1er pays africain et le deuxième pays mondial dans la consommation de la drogue. Donc, si le sida se répand par la drogue, son risque de propagation est très fort ", a soutenu l'évêque de Port-Louis. Et de parler ainsi de " danger réel ". Avant de souligner que le fléau de la drogue n'existe pas uniquement dans les " cités " mais dans toutes les communautés, en ville, et touche de surcroît de plus en plus de femmes. Quant aux jeunes, rappelle-t-il, " plus d'une centaine de collégiens vivent avec le sida. Alors, dan nou pei, nou ne pli kapav dir nou pena sa. On doit se donner la main pour plus de solidarité ".

L'évêque a tenu à attirer plus de prise de conscience quant aux conséquences sociales également de la drogue : violence, vol, agression. " Le manque que ressent une personne victime de la drogue est pire que toute souffrance. Une seule chose compte alors pour lui : comment peut-il se procurer la drogue ? Cela entraîne une certaine insécurité. Les gens ont peur de garer leurs voitures dans certains endroits ".

La deuxième attitude que suggère l'évêque : ne pas rejeter les personnes victimes du VIH/Sida. " Bon Die dir Moïse : to peuple dan soufrans, al koz avek faraon pou liber to peuple. Moïse dir : ki mo ete moi ? Bon Die dir : fer, mo pou ed toi ". Établissant une analogie avec l'histoire de Moïse, Mgr Piat a désigné les trafiquants de drogue comme les " pharaons de la drogue ". À ceux-ci, il a imploré : " Mo ti anvi dir zot, zot osi ena madam, fami, zot kone ki ete la soufrans. Kouma zot kapav dormi asoir kan zot investi kas dan enn komers lamor. Investi dan kitsoz ki pou fer sosiete devlope ".

Par ailleurs, pour l'évêque, les personnes vivant avec le VIH/Sida sont " des enfants de Dieu " qui ont droit à des traitements gratuits. En même temps, souligne-t-il, " ils ont aussi un devoir : celui de faire un examen pour savoir s'ils sont séropositifs ou pas. S'il/elle a un (e) partenaire, il/elle doit être franc(he) pour protéger son/sa partenaire ".

En troisième lieu, il a invité la population à agir dans la lutte contre la drogue et le VIH/Sida, qu'on " n'a pas comme on contracterait le virus du chikungunya. Mais, c'est quelque chose que vous allez chercher ". D'où l'importance d'un travail de prévention, selon lui. Il a invité les jeunes à montrer qu'ils ont des talents et des capacités. " Il faut que l'on réinvente des loisirs sportifs où les jeunes ont l'occasion de vivre des valeurs ". D'autre part, il en appelle aux couples " qui vivent la beauté de la sexualité - ce n'est pas une machine à procurer du plaisir mais pour vivre un amour durable, solide " à rencontrer les jeunes afin de les sensibiliser. Et Mgr Piat de demander aux autorités qu'il y ait un plan national concerté " où toutes les religions et communautés apportent leur contribution ".

À noter que divers représentants religieux du Conseil des Religions, en l'occurrence, le pandit Ved Gopee, représentant de la foi sanataniste, la pandita Pokraz, de l'Arya Sabha, Abdool Majeed Korumtollee, du Muslim Citizen Council et François Lan de la Buddhist Association of Mauritius ont dit des prières au début de la messe pour la lutte contre ces deux fléaux et pour l'harmonie dans le pays.

PELERINAGE PERE LAVAL - Miracle, vous avez dit miracle ?

Ce week-end, ils sont des milliers à converger vers le caveau du Père Laval pour le traditionnel pèlerinage. Certains viennent y chercher la guérison. Un phénomène qui laisse les médecins sceptique

A Sainte-Croix, au caveau du bienheureux Père Laval, il est un rituel que chaque visiteur se fait un devoir d’accomplir. Hommes et femmes, tous effleurent l’effigie en plâtre du Père Laval avant de toucher le front de leurs enfants…

Chaque jour, ils sont des dizaines à accomplir ce geste qui aurait provoqué des guérisons miraculeuses. Ce soir, comme chaque année, ils seront des milliers à converger vers Ste.-Croix pour le pèlerinage annuel marquant l’anniversaire de la mort du Père Laval.

Pourtant, un seul miracle «avéré» est attribué à celui considéré par beaucoup comme «l’apôtre des Noirs». Le 17 juillet 1923, une «guérison humainement inexplicable», s’est produite sur le tombeau du Père Laval. Edgar Beaubois, un anglican, fut «miraculeusement guéri d’une maladie de peau déclarée incurable».

Pour le père Bernard Hym, curé de la paroisse de Ste.-Croix depuis 19 ans, outre ce miracle «reconnu officiellement par l’Eglise», un autre a été «identifié» il y a une douzaine d’années parmi les centaines de personnes qui considèrent avoir bénéficié d’un miracle du bienheureux Père Laval. «Après qu’un enfant a eu un œil crevé lors d’un accident, la patronne du père de l’enfant, fervente croyante, s’est rendue au caveau du Père Laval pour y prier pour sa guérison», raconte le père Bernard Hym.

La crainte des pairs

A Ste.-Croix, la femme aurait posé un mouchoir sur le caveau du Père Laval. De retour au chevet de l’enfant, elle aurait posé le mouchoir sur son œil. «Avant même que le médecin enlève le bandeau de l’enfant, elle savait que l’enfant était guéri. Elle l’a dit au médecin», ajoute le curé de Ste.-Croix.

Si dans son premier rapport, le médecin atteste que la guérison de l’enfant est totale, il reviendra par la suite sur cette déclaration. «Il a dû prendre peur et ne pas vouloir assumer une telle responsabilité. Il a alors dit qu’il restait un peu de sang dans l’œil de l’enfant», explique le père Hym. Ce qui rend caduque l’hypothèse du miracle car pour qu’une guérison soit considérée comme miraculeuse par l’Eglise catholique, il faut qu’elle soit «complète, instantanée et inexplicable par la science».

Peur d‘«assumer une telle responsabilité» ou peur de ce que diront ses pairs ? «Si tu es médecin, tu ne peux pas croire aux miracles», soutient un médecin qui a souhaité conserver l’anonymat. «Les guérisons miraculeuses n’existent pas. C’est psychosomatique. N’importe quelle personne peut combattre la maladie si elle y croit fermement.» L’effet placebo ou alors tout simplement… la foi.

Un des critères pour qu’un «miracle» soit reconnu comme tel est de «n’avoir bénéficié d’aucun traitement médical avant sa guérison». A la lumière de cela, ce médecin est d’avis qu’il est possible que les personnes qui disent avoir bénéficié d’une guérison miraculeuse n’«avaient pas à leur disposition toutes les données médicales de leur condition». Ce médecin cite l’exemple des pèlerins qui se rendent à Lourdes en chaise roulante et qui au retour arrivent à marcher. «Si ça se trouve, ils n’étaient pas paralysés mais avaient simplement une inflammation qui les empêchait de marcher.»

Pour qu’un miracle soit certifié, il doit être reconnu par le comité médical international de l’Eglise catholique. Des médecins spécialistes y siègent. Ils varient selon les cas cliniques présentés. «Leur jugement est à caractère purement scientifique, ils ne se prononcent pas sur le fait du miracle.» Mais pour le médecin interrogé, «pour peu que le médecin soit un fervent catholique, il peut être très subjectif…»

Valérie OLLA, article publié le Samedi 8 septembre 2007.

Pèlerinage Père Laval 2007 - Mgr Maurice Piat: "Face à la drogue et au Sida, nul ne peut dire dan nou sa, péna !"

"Face aux fléaux de la drogue et du Sida, désormais, nul ne peut dire dan nou sa, péna", a déclaré, en substance, hier soir, l'évêque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat, à la principale messe célébrée dans le cadre du pèlerinage père Laval 2007 placé sous le thème "Avek Père Laval, Napa Zet Lékor". "Nous sommes tous vulnérables", a soutenu Mgr Piat. Raison de plus, selon lui, de se donner la main pour combattre le mal.

Expliquant le sens de l'engagement des religieux dans la lutte contre le Sida, Mgr Piat s'est référé au passage du Livre de l'Exode où Dieu appelle Moïse à la libération de son peuple de l'esclavage en Egypte. Ainsi, devait-il dire c'est "Dieu qui entend la misère des victimes du Sida" et "appelle pour eux à l'ouverture d'un chemin de libération".

L'évêque de Port-Louis a souligné le lien, désormais, intime, chez nous, entre la progression du Sida et celle de la drogue dans la mesure où les dernières statistiques laissent entrevoir que 90% des personnes infectées par le virus mortel l'ont été par l'usage de seringues de drogue infectées. Le chef de l'Eglise catholique locale a rappelé que Maurice est en tête des pays africains en termes de consommation d'héroïne et deuxième au plan mondial.

D'où, dit-il, le "réel danger" qui nous menace. D'autant que la drogue n'est pas qu'une menace "que pour les cités". Raison de plus de "se donner la main" en vue de combattre le mal.

L'évêque de Port-Louis n'a pas, non plus, manqué d'évoquer le problème d'insécurité découlant du fléau de la drogue. Il a présenté les problèmes de la drogue et du Sida comme le principal fléau susceptible d'affecter notre force du travail et "mettre l'économie en danger".

Face à cela, Mgr Piat appelle les autorités à l'élaboration d'un "plan concerté sous un leadership fort". Aux "Pharaons de la drogue", l'évêque de Port-Louis en appelle à leur conscience, "eux qui ont aussi une famille" et les "supplie" de voir la souffrance qu'il occasionne en "investissant dans un commerce de la mort". Il rappelle qu'au niveau de la répression, ce sont toujours les "ti-miyon" qui sont pris alors que les gros requins continuent leur nage en eaux profondes.

S'il plaide pour le droit aux victimes du Sida à la compassion et à un traitement "heureusement gratuit chez nous", Mgr Piat leur rappelle, quand même, leurs devoirs, notamment, celui d'informer leur partenaire de leur séropositivité.

Sous ce même rapport, l'évêque de Port-Louis appelle les couples qui "vivent une sexualité épanouie" à partager leur expérience à la jeune génération. Pour l'évêque de Port-Louis, il est temps de "réinventer, à l'intention de la jeunesse, des loisirs sains" de même que de l'encourager à s'engager dans des activités sociales volontaires.

Se référant à l'Évangile de la multiplication des pains proclamée lors de cette messe du père Laval, Mgr Piat a, en conclusion, rendu grâce "aux personnes généreuses" qui, déjà, sont sur le terrain de la lutte contre la drogue et le Sida et les a comparées aux "cinq pains et deux poissons" de départ qui devaient se multiplier pour satisfaire la faim des 5000 personnes présentes.

Au début de la célébration, des représentants d'autres confessions religieuses, membres du Conseil des religions, nommément, la pandita Pokraz de l'Arya Sabha, M. François Lam de la Bouddist Association of Mauritius, M. Abdool Majeed Koromtally du Muslim Citizen Council et le pandit Ved Gopee, représentant de la foi sataniste ont, tous, prié pour la lutte contre le sida et pour que la paix et l'harmonie continuent de régner dans le pays. C'est le père Sylvain Victoire qui a proclamé l'Évangile de Saint Luc.

Pour ce pèlerinage 2007 au tombeau du Bienheureux père Laval, une immense foule bigarrée de pèlerins a, de nouveau, convergé vers Sainte Croix durant la soirée d'hier. Vieux, jeunes et enfants, souvent venus en famille ont défilé au tombeau du Bienheureux, qui, pour faire une demande d'intercession, qui pour rendre grâce pour un vœu exhaussé. Le pèlerinage se poursuit ce dimanche 9 septembre, jour de la fête du père Laval, avec la tenue de sept messes à chaque intervalle de deux heures, la première à 6h00 le matin et la dernière à 18h00.

9/06/2007

Calendrier des messes


Plusieurs messes seront célébrées à l'église de Sainte-Croix à l'occasion de la Fête du Père Laval le week-end du 8 et 9 septembre. Samedi 8, une prière interreligieuse axée sur le sida sera dite par le père Philippe Goupille à 14 h. D'autres messes sont prévues à 16 h, 18 h et 22 h 30 le même jour. La messe célébrée par l'évêque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat, à 20 h 30, sera diffusée sur la MBC TV. Le dimanche 9 septembre, plusieurs autres messes sont prévues à 6 h, 8 h, 10 h, 12 h, 14 h, 16 h et 18 h.

Caveau du Père Laval

Contrairement à ce que croient certaines personnes, le père Hym précise que le corps du Père Laval repose bien à Sainte-Croix et pas ailleurs. Un premier caveau fut construit en 1870 et ensuite détruit, indique-t-il. Le nouveau date de 1965. Le 9 septembre 1870, le cercueil du Père Laval fut déposé dans un sarcophage, sur lequel le Frère Vital a réalisé un gisant du Père Laval. Le 2 mai 1923, le cercueil fut ouvert en présence de Mgr Murphy et d'un grand nombre de prêtres. Il ne reste que les os, qui sont placés dans un double cercueil en teck et de plomb et mis dans le sarcophage. " Depuis, le sarcophage et le cercueil n'ont pas été réouverts ". Le caveau actuel a pour architecte Max Boullé.

Le père Hym demande aux pèlerins de venir en groupes

" Je demande aux pèlerins qui viendront se recueillir sur le tombeau du Père Laval de venir en groupes et de repartir en groupes, dans des contract bus, pour leur propre sécurité ". C'est l'appel lancé par le père Bernard Hym, de la Cure de Sainte-Croix, dans un contexte qui, dit-il, est différent de celui d'il y a une dizaine d'années, où il régnait " une surveillance mutuelle au cours d'un pèlerinage familial ". Toutefois, rassure-t-il, comme l'an dernier, tout un périmètre de sécurité sera assuré par la police, qui sera aidée par des membres des forces vives de la région.

" Ma priorité, c'est que les pèlerins rentrent chez eux sains et saufs. Que chacun prenne ses responsabilités ", déclare le père Hym. Tout en citant des cas d'agressions sur ce lieu de pèlerinage - des femmes qui se sont fait voler leurs chaînes, par exemple -, le père Hym affirme par ailleurs que " s'il y a quatre ans, à l'occasion de cette fête, une dame avait attendu le bus à 3 h du matin et a pu partir à 6 h seulement, aujourd'hui, une telle chose n'est plus envisageable ". D'autre part, il souligne que le pèlerinage peut très bien se faire au courant de l'année et non uniquement durant la fête du Père Laval. " Il y a 10 000 personnes qui viennent sur ce lieu par semaine. Et, c'est dommage qu'ils viennent toujours pressés. Or, si l'on programmait une matinée ou une journée paroissiale au Père Laval, ils pourraient mieux visiter et mieux connaître l'histoire de l'apôtre des pauvres ".

En effet, deux nouveaux bureaux viennent d'être construits, où des prêtres spiritains comme le père Hym se mettront bientôt à la disposition des fidèles pour écouter leurs problèmes, les confesser et les réconforter. " Que les pèlerins profitent au mieux de cette présence spiritaine et s'organisent en groupe ou en paroisse et annoncent leur visite à l'avance. Les spiritains pourront leur offrir non seulement une visite guidée au musée mais aussi la possibilité d'un temps de réflexion et de prière auprès de l'apôtre de l'unité mauricienne ". Pour le père Bernard Hym, le Père Laval représente en effet un élément fédérateur et peut aider à consolider l'unité mauricienne.

Le musée, à l'arrière de l'église, où plusieurs objets et documents retracent la vie du Père Laval, vient de recevoir un buste de l'apôtre créé par Prosper d'Épinay en 1863, et donné à la municipalité de Port-Louis par la suite. Ce buste, qui était exposé chaque année sur le parvis de la mairie, a été restauré par Ecosse Pierre, un habitant de Sainte-Croix. Le buste, qui appartient toujours à la mairie de Port-Louis, restera désormais au musée du Père Laval, alors qu'une copie sera exposée au premier lieu.

Autre nouveauté : le gisant du Père Laval, dans ce qui est connu comme le Caveau du Père Laval, vient d'être repeint par un peintre de l'Inde. Ce gisant, rappelle le père Hym, fut créé en 1870, six ans après la mort du Père Laval, par le Frère Vital, qui l'a connu de son vivant.

Cette année, le thème choisi pour la fête est Avek Per Laval Pa Zet Lekor. Selon le père Hym, ce thème est lié à la lettre de carême 2007 de Mgr Maurice Piat : Ayez le Courage d'espérer. " C'est une invitation à la confiance dans le Seigneur et dans l'avenir, à la persévérance même dans les difficultés ". " Le père Laval et ses auxiliaires laïcs étaient les mains vides face à la tâche ; leur force a été de reconnaître leur petitesse et de puiser leur confiance dans le Christ. Parski zot pa finn zetr lekor, ils ont contribué à transformer leur pays ".

Rendez-vous à Sainte-Croix


Le tombeau du père Jacques Désiré Laval va grouiller de monde ce week-end, lors des célébrations marquant sa mort le 9 septembre 1864. Plus que les autres jours de l’année, ils seront des milliers à converger vers son tombeau pour le vénérer et obtenir des grâces. Après les incidents notés ces dernières années, la soirée du 8-9 septembre 2007 est placée sous haute surveillance. Tout le monde est appelé à faire preuve de prudence et de recueillement afin que ce pèlerinage 2007 soit une réussite. «Avek per Laval pas zet lekor» est le thème de cette année.

Pour le père Bernard Hym, directeur du pèlerinage 2007, il y a plusieurs défis à relever et, avec le Service père Laval et les autorités policières, il compte sur la collaboration de chacun pour que les problèmes notés ces dernières années ne se répètent pas. Aussi compte-t-il sur tous les pèlerins afin qu’ils se rendent au tombeau dans un esprit de sacrifice et de recueillement et s’abstiennent de consommer de l’alcool ou d’acheter toutes sortes de bricoles en chemin pour le bonheur des marchands, qui y voient là une occasion de faire de bonnes affaires.Comme nous l’évoquions dans notre précédente édition, le père Hym recommande la plus grande prudence pour ce présent pèlerinage. Sans vouloir être alarmiste,il lance un appel à tous ceux qui vont se rendre à Ste-Croix en leur intimant de venir en groupe et en transport organisé et d’essayer, autant que possible, de se rendre au tombeau pendant la journée.

Ardeur et ferveur

Mais ce n’est certainement pas ces incidents qui vont atténuer l’ardeur et la ferveur des habitués à se rendre au tombeau du père Laval, dont le procès pour canonisation est en cours. Le père Bernard Hym est confiant que le père Laval sera un jour canonisé, car «ce qui a permis sa béatification va permettre sa canonisation». Cela viendra quand le Seigneur le voudra pour le bien du peuple mauricien et permettre ainsi au père Laval d’être un meilleur rassembleur, fait-il ressortir. Il explique que la canonisation sera possible grâce à l’élan populaire constant et la confiance dans le père Laval, avec plus de 10 000 personnes par semaine devant le caveau et plus de 150 000 dans la nuit du 8-9 septembre. La canonisation sera possible grâce aux attestations reçues lors d’un pèlerinage auprès de la tombe du père Laval et par des prières confiantes de Mauriciens et d’autres qui viennent de l’étranger et témoignant des grâces obtenues. «Pour que le père Laval puisse être canonisé, il faudrait aussi qu’il y ait une guérison miraculeuse et instantanée, incontestable et incontestée et que le corps médical reconnaît comme inexplicable par la science», précise le père Hym.


Vers le canonisation

«Ces éléments supposent qu’une personne qui se sait guérie par la prière du père Laval est consultée avant et après les faits constatés par le même médecin qui accepte, par la suite, de témoigner de l’aspect inexplicable de la science de cette guérison», ajoute notre interlocuteur. Il souligne que le projet est en route et que nous ne pouvons que prier pour que le Seigneur nous accorde cela comme une grâce. «Ce n’est pas pour permettre à Maurice d’obtenir des grandeurs et aux Mauriciens de tap lestoma que le Seigneur nous accordera cette grâce. Il le fera pour le renforcement de la foi et, finalement, pour aider les chrétiens à être de meilleurs témoins de l’évangile.» Le dossier pour la canonisation du père Laval est actuellement à Rome, où une commission de médecins l’examine afin de donner un avis compétent, cela suite à tous les témoignages soumis.

Jean-Marie St-Cyr, La Vie Catholique

The Pilgrimage

The annual pilgrimage to Sainte Croix originated from the very day of his funeral on 11 September 1864. The crowd was so big that there was not even standing room in St Louis Cathedral. On that occasion ‘Father Thévaux chanted Mass. Revd Father Etcheverry pronounced the funeral oration commenting on the words of Isaiah ‘Evangelisare pauperibus misit me’ (He sent me to announce the Gospel to the poor). Mgr Hankinson blessed the bier and the body of the revered deceased, followed by more than thirty thousand weeping people, was buried opposite Ste Croix Church, in the Vallée des Prêtres, on the spot where popular fervour has erected a superb monument8 in remembrance of his good deeds . . .’. There not only at each anniversary of his death but even every day, ‘like an endless chain with unbreakable links, pilgrims of all ages bring flowers, wreaths, candles, ex-votos and pray over his remains to ask for this protection’.

In the 1950’s, the pilgrimage under the impulse of Father Dethise and of the Christian Workers Organisations became more structured and orderly. Groups of pilgrims, mostly from the working class, travel from their respective villages and towns to meet at fixed points in Port-Louis before converging towards Sainte Croix. In 1965, the mausoleum containing the sarcophagus of Father Lava! was pulled down to make room for the building of the more spacious Sainte Croix Church. In 1979 after Father Lava! had been beatified in Rome by Pope Jean Paul II, thousands of people attended the Thanksgiving ceremony at the Blessed Virgin Mary’s monument in Port-Louis.

Many masses are celebrated at the shrine on 8 September and these are followed by a vigil to end the day. The first of the numerous masses said on the anniversary of the death of Père Laval on 9 September, starts in the very early morning.

The different miracles related by chroniclers and historians or handed down from family to family and the holiness of Father Lava!, attract more and more pilgrims to his shrine as years go by. In addition, the increasing number of Mauritians who emigrate spread his name overseas.11 Father Laval’s reputation for holiness has thus crossed the seas and to-day not only Catholics of neighbouring countries but~Iso visitors, from far and near, come and pray before his remains in Sainte Croix, bearing witness to the fact that a saint has trodden Mauritian soil.

Father Laval

Every year towards the hour of sundown on 8 September, men, women and children from every part of the island, leave their houses and start on a long march to the shrine of Father Jacques Désiré Laval at Sainte Croix, in the suburbs of Port-Louis. The crowds consist of motley groups. There are those who are filled with love and devotion and take turns carrying crosses, some of which are quite heavy. Others are absorbed in prayer, their lips a-quiver with endless ‘Ave’ and ‘Pater’, their eyes shining forth in bodies, old, shrunken, ravaged by years of toil and struggle. Then there are the younger ones, full of youthful exuberance, who invest the pilgrimage with a festive mood. To them religion is music and light. They take delight in offering to their revered Père Laval the tribute of their jubilant faithfulness.

To all these thousands of pilgrims this is a night apart from all other nights. They are marching to the spirtual centre of Mauritius where they have an appointment with a man of God who brought their forefathers out of the darkness of man-made barracoons into the light of Paradise. They are communing with their father who taught them that their heart too can become the throne of God.

Père Laval arrived in Mauritius in 1841 and worked here until his death in 1864. He devoted himself wholeheartedly to the moral and spiritual uplift of the emancipated slaves. Such was his devotion, so exemplary was his piety, that he won for the Catholic Church the fervour of the island’s entire black population. It is said that even the white population, which had ever since the French Revolution grown increasingly materialistic in outlook and sceptical about religion, were drawn to the Church by the christian example of their ‘inferiors’. By the time of Père Laval’s death in 1864, a deep and lasting moral and religious regeneration had taken place in Mauritius.

9/05/2007

Pèlerinage annuel au tombeau du Bienheureux père Laval

"Avek Père Laval, Pa Zet Lékor": c'est par cette exhortation que le diocèse catholique appelle, cette année, ses fidèles à participer, le week-end prochain, au pèlerinage annuel au tombeau du Bienheureux père Laval. Un thème choisi en lien avec le présent climat de morosité dans le pays.

Cinq messes sont prévues au sanctuaire de Sainte-Croix dans la nuit de samedi, 8 septembre dont la première prévue à 18h00 et celle - télévisée - de 20h00 présidée par l'évêque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat.

Le lendemain, dimanche 9 septembre, jour de la fête du père Laval, sept autres célébrations sont prévues; la première à 6h00 et la dernière à 18h00. Le pèlerinage officiel 2007 se poursuivra jusqu'au dimanche 30 septembre avec, notamment, le traditionnel pèlerinage des handicapés prévu le samedi 15 septembre entre 9h00 et 15h00.

De la Normandie à l’Ile Maurice

Jacques Désiré Laval est né le 18 septembre 1803 dans un petit village en Normandie. Issu d’une famille de cinq enfants, il a un père maire de commune qui se signale par son sens de l’autorité. Sa mère était, elle, très sensible aux pauvres et n’hésitait pas à accueillir des mendiants à la maison pour leur offrir à manger.

Dès son jeune âge, il se destine à être curé ou médecin. A 13 ans, il est envoyé chez un oncle qui consacre de son temps à instruire de jeunes enfants qui désirent aller au séminaire. En 1825, il est reçu bachelier ès lettres. II choisit la médecine. Le docteur Laval vit un drame intime par la suite. Il ressent l’appel de la prêtrise mais au moment d’entrer au confessionnal, il recule et s’en va. Finalement, en 1834, il se rend chez le curé d’un village voisin. Ce dernier l’aide à revenir vers Dieu. En août 1840, deux séminaristes passent à la cure du Père Laval. Dans leurs conversations, ils parlent d’un projet de société missionnaire pour les colonies. Voici que vers la fin de l’année 1840, passe à Saint-Sulpice Mgr William Collier, bénédictin anglais, qui vient d’être nommé vicaire apostolique de Maurice. Il est venu demander des prêtres.

En janvier 1841, le Père Laval est autorisé à partir pour Maurice où il reçoit la charge de la Mission des Noirs, puis en janvier 1842, celle d’aumônier de prison. En 1845, il fait l’expérience de sa première chapelle, à Petite-Rivière. Il en tirera la conclusion qu’il faut aller chercher les gens chez eux, en construisant une chapelle dans chaque village. En 1854 éclate le choléra. Le Père Laval, avec d’autres pères, se dévoue jusqu’aux limites de ses forces pour porter les secours de la religion auprès des mourants. Le 7 octobre 1860 il écrit un sermon dans lequel il mentionne l’affaiblissement de la vie chrétienne. Il ne donnera pas ce sermon. Quand il s’est avancé pour parler, il s’est écroulé, frappé d’une thrombose.

Pendant quatre ans, le Père Laval va supporter la maladie. Le 9 septembre 1864, il meurt dans l’après-midi, après avoir répété longuement ce verset du psaume : “J’étais dans la joie, quand on m’a dit : allons à la maison du Seigneur.”

PELERINAGE PERE LAVAL - “Avek Per Laval pa zet lekor”

Le pèlerinage vers le tombeau du Père Laval à Ste.- Croix aura lieu les 8 et 9 septembre, date anniversaire de sa mort. Comme chaque année, des milliers de pèlerins rendront hommage au saint homme dans la ferveur et la piété.

Le thème choisi cette année se veut en lien avec la lettre de carême 2007 de Mgr Maurice Piat : “Avec le courage d’espérer.” C’est une invitation à la confiance dans le Seigneur et dans l’avenir, une invitation à la persévérance, même dans les difficultés. D’où le slogan “Avek Per Laval pa zet lekor”.

Pour soutenir ce thème, l’évêché a choisi l’Evangile de la “Multiplication des pains”, chez St.-Luc. Les Apôtres invitent Jésus à renvoyer la foule. Mais Jésus ne suit pas leur raisonnement ; il leur demande : “Donnez-leur vous-mêmes à manger.” Ils n’ont rien, ou presque – cinq pains et deux poissons – Mais Jésus veut avoir besoin de leur pauvreté pour nourrir toute cette foule. Ils ont pris le risque du partage, ils ont mis leur confiance en Jésus et dans sa Parole, “zot pa finn zet lekor”, tous les gens sont rassasiés et les Apôtres se trouvent enrichis de leur partage – 12 paniers pleins des restes du repas. Le Seigneur demande des choses pas raisonnables, mais, avec son aide, ce qui paraît impossible devient réalisable, au-delà de toute espérance.

Le Père Laval et ses “Auxiliaires laïcs” étaient les mains vides face à la tâche ; leur force a été de reconnaître leur petitesse ; elle est aussi de puiser leur confiance à la source qu’est le Christ ; “parski zot pa finn zet lekor”, ils ont été témoins les uns auprès des autres ; ils ont contribué à transformer leur pays.

“Aujourd’hui, l’Eglise est ballottée de toute part ; le manque de prêtres, de religieux et de religieuses, le manque de chrétiens formés et disponibles, se fait de plus en plus sentir. Qui entend l’appel à être missionnaires à Maurice même ou au-delà des mers ? C’est le moment de nous appuyer sur le Seigneur qui peut faire des merveilles, à partir de notre faiblesse, qui veut avoir besoin de nous, tels que nous sommes”, plaide le Père Bernard Yim, responsable de l’événement cette année.

Des messes seront organisées à cette occasion : samedi 8 septembre, 16 heures à Ste.-Croix par le Père Daniel Muff ; à 18 heures à St.-Jean par le Père Tadeusz Kud ; à 20 h 30 au Sacré-Cœur, Beau-Bassin, par Mgr Maurice Piat et à 22 h 30 au St.-Sacrement Cassis par le Père Gérard Mongelard. Le dimanche 9 septembre à 6 heures à Ste.-Croix par le Père Jean Pedrono ; à 8 heures à St.-François Xavier par le Père Vittorio Costanzo ; à 10 heures à Ste.-Croix par le Père Daniel Muff ; à 12 heures à Ste.-Marie Madeleine par le Père Jacques Henri David ; à 14 heures à Pamplemousses ; à 16 heures à la cathédrale par le Père Labour ; à 18 heures à Pailles par le Père Gérard Mongelard.

l'express.com, article publié le mercredi 5 septembre 2007

9/04/2007

8/31/2007

Père Laval - Sauvegarde du patrimoine

Rénovation. Respect du patrimoine. Sécurisation. Ce sont là les maîtres mots qui caractérisent les travaux en cours actuellement à Sainte-Croix.

Sitôt que l'on pénètre la cour de l'église paroissiale, le regard est vite attiré par les ouvriers du ministère de l'Environnement affairés à repeindre les grillages métalliques. Plus loin, au caveau, un petit groupe s'attelle à en repeindre le toit.

«L'Environnement ne compte pas s'arrêter en si bon chemin, s'exclame le père Bernard Hym, responsable du Centre Père-Laval. Par mesure de sécurité, il envisage aussi de placer des barrières de sécurité autour du caveau et du centre Émilien-Pierre. Un dispositif qui permettra de retenir la foule.»

Aspect originel pour le gisant

A l'intérieur du caveau, Rassou Sentil, artistre-peintre de Chiennai, Inde, a mis, le 14 août dernier, la dernière touche à un travail minutieux pour redonner au gisant ­ statue placée au-dessus du caveau ­ son aspect originel. Un gisant réalisé par le frère Vital et achevé en 1870.


Cette œuvre de restauration et de réhabilitation est financée par Oopneeshaad Gowtam Bheekhary. «Le Père-Laval est un lieu où je me sens à l'aise, écouté et exaucé, explique-t-il. C'est un lieu important pour la Nation mauricienne. Il y a quelque temps, priant sur la tombe du Père-Laval, j'ai constaté que la peinture était quelque peu écaillée. J'ai approché un prêtre de la paroisse, l'encourageant à voir de visu, à Bel-Air/Rivière-Sèche, le travail réalisé par Rassou dans le temple.»

«Le gisant a été réhabilité ; les fentes repérées ont été colmatées. Et l'ouvrier indien a effectue un véritable travail d'artiste-peintre pour lui redonner toutes les nuances de l'époque», se réjouit le père Hym. Ce, en rappelant que «la dépouille du Père-Laval n'a jamais quitté Sainte-Croix. Elle repose dans le sarcophage au-dessus du gisant ; avec le corps dans le sens contraire par rapport à la statue.»

Hommage aux spiritains

L'autre travail lié au patrimoine consiste en l'érection d'un mémorial dans le cimetière des spiritains. «L'idée est de refaire l'entourage de la fosse commune, qui est esquinté. D'ériger un mur en roches, avec tout autour les noms des deux cents spiritains qui ont travaillé à Maurice. La grande majorité y est enterrée. D'autres aux cimetières de Saint-Jean, Petite-
Rivière, Mahébourg, New-Grove et Pamplemousses. D'autres, encore, sont morts ailleurs et enterrés en Europe ou en Afrique», poursuit le père Hym.

Une belle grille sera placée à l'entrée, avec sur les piliers deux plaques. L'une justifiant la raison d'être du mémorial et l'autre rendant hommage au commanditaire de l'ouvrage : le ministère de la Communication.

Le «grand buste» au musée

Par ailleurs, bientôt, le centre Père-Laval pourra abriter les originaux des deux bustes du Père-Laval réalisés par Adrien d'Epinay, une année avant la mort de l'Apôtre des Noirs. Des bustes qui ont, par la suite, inspiré d'autres artistes.

«Celui que nous appelons le 'petit buste' est la propriété des spiritains ; il est exposé au centre Père-Laval. L'autre, le 'grand buste', offert par la famille d'Epinay, est propriété de la mairie de Port-Louis, relate le père Hym. Le père Louis Verchère avait négocié avec la municipalité pour que l'original du grand buste soit déposé au musée de Sainte-Croix.»

La mairie de la capitale a agréé à cette demande. Le grand buste est actuellement restauré par l'artiste Écosse Pierre et restera par la suite au musée. En retour, une copie qui ne craint pas les intempéries sera remise à la mairie.

«Notre démarche s'explique par une volonté de protéger cette pièce historique du patrimoine religieux et mauricien. Toutefois, il est clair que nous n'en sommes pas les propriétaires ; ces derniers étant la municipalité portlouisienne», souligne le responsable du centre Père-Laval.

Valoriser la spiritualité libermanienne

A la droite de la cure et à l'arrière du centre Père-Laval, une belle construction, mariant le béton et la tôle, a récemment vu le jour. Elle fera office de bureaux pour les pères Marcel Maillot, Bernard Reniers, Jocelyn Grégoire et Jean Pédrono.


Tout un espace donc pour mieux accueillir les pèlerins. Prendre du temps auprès du père Laval, sa vie et son œuvre et, pourquoi pas, se projeter dans l'époque actuelle... Et mieux apprécier la spiritualité libermanienne. Spiritualité qui se veut une «colonne vertébrale» en vue de mieux armer les laïcs dans leur engagement missionnaire, conclut le père Bernard Hym.

Danièle Babooram, La Vie Catholique

8/24/2007

Spiritains


Tiago Laval

Em 1841, partiu para a Ilha Maurícia o primeiro missionário da Congregação fundada por Libermann. Chamava-se Tiago Laval. Antes de se tornar missionário, foi médico e pároco de aldeia. Foi o grande apóstolo da Ilha Maurícia, e hoje o seu túmulo, nessa ilha, é visitado por muitos milhares de pessoas, cristãos e não-cristãos. Já foi beatificado pela Igreja.

O P. Tiago Laval foi médico e pároco de aldeia, antes de se tornar missionário.

Nasceu em França. Filho de um rico fazendeiro e presidente da edilidade local, perdeu a mão aos 7 anos.

Formou-se brilhantemente em medicina, na célebre universidade de Sorbona, Paris. Assíduo frequentador das reuniões mundanas e com futuro social promissor, acabou por deixar tudo, para se fazer sacerdote.

Foi o primeiro missionário da Congregação fundada pelo Padre Libermann. Foi enviado para a ilha Maurícia. Quando Laval ali chegou ainda existia a escravatura. À sua chegada, o P. Laval encontrou uma situação religiosa quase a zero, sobretudo entre os negros africanos, aos quais se dedicou.

O seu grande combate, que Ihe granjeou muitas inimizades por parte dos colonos, foi a libertação, dignificação e evangelização dos escravos.

Homem de profunda comunhão com Deus. Consciente que só com um bom número de cristãos comprometidos é possível desenvolver um trabalho pastoral, rodeia-se de leigos formados por si a quem dá uma formação continuada. Pouco a pouco conquistou a simpatia de todos e começou a construir capelas e igrejas por toda a ilha.

Na altura da sua morte em 9 de Setembro de 1864, de um total de 140 mil habitantes, cerca de 40 mil participaram no seu funeral! Hoje, é considerado um "herói nacional" e o dia da sua morte é o Dia Nacional da Ilha Mauricia. Foi beatificado pelo Papa João Paulo II, em 29 de Abril de 1979. 0 seu túmulo é visitado anualmente por 150 mil pessoas, sem diferença de cor ou religião. todos o veneram como Pai e Amigo dos pobres e a sua memória tem contribuído muito para o ambiente de tolerância e diálogo existente no mosaico de raças e religiões, que é a Ilha Maurícia.
Médico
Pensa ser padre, mas não Ihe desgosta a carreira de médico. Junto do tio padre encontrou sempre a maior amizade e a maior compreensão. Será ainda ele que o esclarecerá, numa abertura de alma digna de admiração: «São precisos muitos bons padres, mas um médico, que seja bom cristão, pode fazer muito bem.»

Laval segue, pois, a medicina. Reside em Paris, em casa de um médico onde encontra, com outros companheiros, acolhimento familiar e ambiente cristão. Contacta frequentemente com o antigo companheiro da escola paroquial, Miguel Coquerel, agora teólogo no Seminário de S. Sulpício, em Paris.

Em Setembro de 1830, já médico, abre consultório em Santo André, não longe da terra natal.

Instala-se na grandeza, no fausto. Mesmo no luxo. Mundano. Cavaleiro brioso. Amigo da dança e dos divertimentos. Esquece-se, quase por completo, dos seus deveres de cristão. Serão momentos de negligência religiosa.

Vive infeliz e numa frustração de não-realizado. Sente que Deus o chama para outras ocupações e, como que para dissipar tais pensamentos, leva uma vida demasiadamente ocupada com trabalho, desponto e visitas a doentes. Tanto mais que não tem mãos a medir: como nada leva pelas consultas feitas aos pobres, e até Ihes deixa alguma esmola, fruto do pagamento das consultas feitas aos ricos, é constantemente solicitado.

Ele, mesmo revelará a seus parentes não sentir atracção pela riqueza. Nem pelo casamento. Por outro lado, continuava cada vez menos feliz, cada vez menos realizado.

Em 1834 vamos encontrá-lo a exercer clínica em Ivry-la-Bataille, interiormente resolvido a conviver com um médico nada religioso, na intenção de abafar—ou realizar —a insatisfação humana e religiosa em que vivia. Mas será a família Simon que o albergará e o influenciará pelo seu viver familiar e apostólico.

Fruto deste convívio inesperado e não procurado — pequeno pormenor como tantos outros na vida de Laval — virá ao de cima a antiga formação religiosa e espiritual. Pouco a pouco retoma a prática religiosa, o gosto pelas leituras espirituais, de tal modo que no ano seguinte, 1835, era «um convertido», um cristão fervoroso que vivia em paz de consciência, tentando descobrir a vontade de Deus a seu respeito através dos pequenos nadas do dia-a-dia.

Pároco

Após a sua formação teológica será ordenado sacerdote a 22 de Dezembro de 1838. A 2 de Fevereiro do ano seguinte entrará oficialmente na paróquia de Pinterville, a 30 Kms de Rouen, na Normandia.

Pequena aldeia de 483 habitantes, que nela passam a noite, como em grande «dormitório citadino», pois que o dia é vivido nas fábricas da região.

Gente sem hábitos, de prática religiosa, mas gostando de ter no seu meio um padre, que apenas ocupavam para baptismos, casamentos e enterros. Laval dedica-se a eles, discretamente, interiormente convencido, como o Cura de Ars, que tinha de ser santo para santificar os paroquianos.

Como estes o não ocupam muito, gasta ele, parte do dia e da noite a adorar o seu Deus; no princípio, em frente do altar. Depois, quase escondido, por trás do mesmo, estendido sobre o soalho frio e húmido.

Acolhe e socorre os pobres com o que tem à sua disposição e quase chega a «tirá-lo da boca» para alimentar quantos famintos lhe pedem pão e agasalho. A criada bem o «aconselha», mas ele herdou, na verdade, as «mãos rotas» da sua saudosa mãe.

Visita diariamente os doentes, passando horas esquecidas a fazer-Ihes companhia, a explicar-lhes o catecismo, a rezar com eles. Antes de sair, deixa, sorrateiramente, algum alimento ou dinheiro.

Ao longo da semana dá catequese para os mais novos das 19.30 até às 21 horas. Depois até às 22 h. para os que já trabalham nas fábricas.

Em moldes de catequese de perseverança, passa as tardes de domingo com a criançada, cantando, rezando, lendo-lhos a bíblia e a vida dos santos, brincando e passeando. Eram horas felizes que passavam depressa demais, no dizer dos beneficiados.

A meio do ano escolar, o professor primário é transferido. Outro não vem. E será ainda o padre Laval que, na residência paroquial, transformada em escola, tomará as crianças a seu cuidado.

O confessionário é outro lagar bem aproveitado pelo Padre Laval. Aí conversa e anima as crianças que frequentam a catequese. Ao pequeno grupo de adultos que se confessam regularmente, vai formando solidamente na vida cristã.

A todos que com ele contactam - pequenos ou grandes - infunde o gosto da oração, o desejo da comunhão, o amor à eucaristia, a devoção filial a Maria.

Duro e mesmo austero para si mesmo - o cilicio, o jejum diário, o trabalho exaustivo e constante, concedia ao corpo apenas o que fosse absolutamente indispensável à sua sobrevivência. Para os outros nada faltava. Tudo era bom. Tudo era fartura. Tudo era requinte. Nada impunha. A todos acolhia e recebia como eles eram. Se mudanças importantes conseguia junto dos que com ele conviviam, era apenas pelo seu exemplo, pela sua palavra cristã e sacerdotal, dita com toda a simplicidade e na maior discrição.

Evangelização dos Negros

Quando em 1835 foi decretada a abolição da escravatura - nos tratados e nos comunicados oficiais e internacionais - havia na ilha Maurícia cerca de 60.000 escravos. Os antigos senhores mostravam-se reticentes em acordar a total libertação dos seus antigos escravos. Estava em jogo a sua própria libertação e independência económica e social. Por seu lado, os antigos escravos não estavam preparados para assumir os seus novos direitos.

Laval chega à ilha em 15 de Setembro de 1841. Pouco depois escreverá aos seus superiores religiosos, transmitindo-lhes as suas primeiras impressões e informando-os do seu campo de apostolado: por ,toda a ilha havia a corrupção; a libertinagem dos costumes, dificilmente explicáveis. Ele era o único a ocupar-se de quase 60.000 negros vivendo na ilha. Talvez metade fossem baptizados, mas viviam de forma verdadeiramente pagã, como os outros. Uniam-se em casamento e separavam-se várias vezes na vida. Eram dados à embriaguez. A maior parte das jovens negras estavam pervertidas pelos antigos senhores e pelos jovens brancos. Os nascidos na ilha—crioulos—estavam totalmente corrompidos. Para começar a sua tarefa apostólica, iria dirigir-se a alguns negros originários da ilha Maurícia e de Moçambique.

Laval projecta o seu trabalho apostólico junto dos negros. Em total indiferença por parte dos outros párocos: eles não estavam encarregados de os evangelizar. Com «todas as bênçãos» do Bispo. Com todos os olhos «brancos e crioulos» postos e pespegados sobre Laval e sobre os negros que lhe estavam pastoralmente confiados.

No primeiro domingo que Laval passa na ilha celebra missa em Port-Louis e anuncia, então, sem grandes alardes, que vai dar início à obra dos negros.

Discretamente um ou outro dos assistentes mal disfarçou um sorriso irónico. Depois, no adro, ouvia-se dizer, aqui e além, entre o grupo que saía da igreja: Tempo perdido! Isso passa-lhe! Zelo de recém-chegado!

Os poucos negros que - lá ao fundo, separados por pesada grade metálica - estavam presentes à missa, não atingiram o significado das palavras proferidas por Laval. Finda a cerimónia litúrgica, saíram. Apressadamente dirigiram-se para os seus locais de trabalho não fossem os patrões fazer-lhes um sermão, mais duro e mais longo que o de Laval durante a missa.

Na tarde daquele domingo, e ao longo da semana que vai começar, Laval ocupará todo o seu tempo na oração, na meditação. Diante do altar. Por trás dele. Como fazia na paróquia de Pinterville, em França. Laval é, essencialmente e por inclinação natural, um místico.

Deixando o seu quarto pessoal na residência paroquial, instala-se numa velha, inestética e inconfortável «barraca» de madeira. Pensa. Planeia. Medita. Reza. Espera, pelo momento da graça, que não vai tardar.

Os criados que trabalhavam na residência paroquial e na igreja estavam mesmo à mão de semear. Para quê ir mais longe? No cruzar dos corredores, Laval dirige-Ihes uma palavra amiga, respeitadora, sem pressas. Eles nem acreditam no que vêem. Estavam habituados a ser abordados abruptamente, exigentemente, senhorialmente.

«Entregam-se» totalmente a Laval. O amor pelas suas pessoas fez cair todas as barreiras rácicas, culturais, sociais, de pecado e miséria moral. Laval era um amigo. Um verdadeiro amigo.

Terminados os trabalhos domésticos, esses negros abeiram-se de Laval na sua pequena e pobre residência. Começa por os pôr à vontade. Faz-se um deles. Com toda a naturalidade. Sem fingimento. Levado pelo amor e pelo respeito às suas pessoas.

No segundo encontro que tiveram com Laval - para não dizermos no primeiro - este anuncia-lhe explicitamente a Cristo como único Salvador. Sem rodeios literários. Sem camuflagens humanas e premeditadas. Numa linguagem simples e acessível. Em toda a plenitude das exigências que a Boa Nova comporta. Propõe-lhes uma nova vida, vida de filhos e amigos de Deus, através de uma conversão radical das mentes, dos sentimentos, das vidas. Eram poucos os ouvintes. Mas todos atentos e interessados. Todos fascinados pela pessoa simpaticamente amiga de Laval. Pela sua palavra. Pela sua vida no meio deles. Instintivamente aceitam-no como amigo e como mensageiro de Cristo.

A semente caíra, na verdade, em boa terra. Aos poucos, Laval ia sendo conhecido pela sua verdadeira amizade e respeito pelas pessoas. De unidade em unidade. Hoje um. Amanhã outro. A pequena sala de Laval começa a ser pequena. É que há sempre um colega de trabalho, um amigo da mesma etnia, que, participa, à noite na «visita», na «conversa» com Laval.

Esta actividade apostólica inicial é premeditadamente muito limitada. Laval não quer atingir, inicialmente, as multidões. Procura as unidades. Por conta-gotas. Sacrifica a quantidade à qualidade. Dirige-se apenas aos adultos, como que ignorando, ou esquecendo as crianças, os jovens. Por agora. Mais tarde chegará também a sua hora.