8/22/2016

Annulé : Pèlerinage du bienheureux Jacques-Désiré Laval à Pinterville 2016


Pour des raisons liées à l’état d’urgence et à l’impossibilité d’assurer la sécurité exigée par la préfecture le pèlerinage du bx J-D Laval 2016 à Pinterville est malheureusement annulé.

 

9/14/2015

Pinterville - Dimanche 13 septembre 2015




9/10/2015

PÈRE LAVAL — Plaidoyer de Mgr Piat pour la paix et la solidarité au quotidien


 
Mgr Piat : « Sakenn bizin amenn so blok pou konstrir lape, e sa kalite konstriksion-la pa aret zame »

La famille et le pays étaient au centre des préoccupations de l’évêque de Port-Louis dans l’homélie qu’il a prononcée hier soir lors de la messe pour le pèlerinage annuel au tombeau du Père Laval. Paix durable, solidarité, amitié, générosité, entraide sont les mots qui ont eu une grande résonance dans ce message adressé aux milliers de Mauriciens qui ont convergé vers Ste Croix. Selon Mgr Maurice Piat, la solidité d’un pays et celle d’une Église ne se mesurent pas à l’aspect financier ni au statut social de ceux qui en font partie. « C’est la solidarité qui fait la force d’un pays et d’une Église. Se pa kantite ka ki gaygne », a affirmé l’évêque de Port-Louis. Et d’insister sur la contribution de chaque Mauricien pour œuvrer quotidiennement en faveur de la paix.
Le thème choisi par le comité organisateur de ce pèlerinage 2015 est "Per Laval beni nou fami" mais à la suite des récents événements dans le sud du pays ces derniers jours, on y a ajouté « Per Laval beni nou pei ». Pour la messe de 20h30 qu’il a présidée, l’évêque de Port-Louis était entouré de Mgr Denis Wiehe, évêque du diocèse des Seychelles et d’un grand nombre de prêtres. Au début de la messe, Mgr Piat a fait allusion brièvement à ces incidents en disant que « la grande famille mauricienne finn inpe sekwe par bann tansion ki finn ena dan le sud ». Il a demandé à la foule, dans sa prière, de confier le pays au Père Laval, en soulignant le caractère unificateur de ce pèlerinage : « Le Père Laval est l’apôtre de l’unité mauricienne et confions-lui notre pays ».
À partir du texte de l’Evangile lu par le père Robert Dalais et qui avait pour thème « La maison bâtie sur le roc », Mgr Piat a livré une réflexion bien dense et parfois imagée sur ce qui, selon lui, rend une famille et un pays solide – et qui leur permet de demeurer stable lorsqu’ils se retrouvent confrontés à des situations de crise.
Pour l’évêque de Port-Louis, une maison, au-delà d’être un lieu d’habitation pour une famille, est aussi « un refuge, un lieu d’accueil, de vie, d’affection et de tendresse ». Ainsi, dit-il, la construction d’une maison ne se résume pas qu’à un assemblage de matériaux de construction avec un savoir technique. « Se pa zis bat beton, poz blok, koul dal. Konstrir enn lakaz se enn lantrepriz imin ». De la même manière, a poursuivi Mgr Piat, fonder et construire une famille est une « entreprise humaine » et de longue haleine ; cette démarche requiert des matériaux spécifiques. Mgr Piat a alors évoqué « le don de soi », « la patience », « l’esprit de service et d’attention aux autres », « le pardon et la réconciliation », « la tendresse », « la fidélité » et la « persévérance ». « Sa kalite konstriksion-la nou kone kan nou koumanse me zame li pa fini. Nou bizin toutletan lor santie de lafamil » croit Mgr Piat. De telle exigences, selon lui, sont aussi valables pour un pays qu’il a comparé à une « grande famille ».
L’évêque de Port-Louis a beaucoup insisté dans son homélie sur le caractère familial de la vie d’un pays. « Enn pei se enn pep, se enn famille », a martelé Mgr Piat. « Construire la famille mauricienne ne se limite pas qu’au développement économique. Cela veut dire aussi construire la paix sociale jour après jour. Construire la famille signifie aussi la solidarité et l’attachement à la justice. Comme pour la famille là aussi la construction ne s’arrête jamais. Chacun doit apporter sa contribution. Sak dimounn bizin amenn so blok pou ki lakaz-la pa grene ».
En se référant à l’Évangile, Mgr Piat explique que Jesus invite chaque personne « à construire la vie familiale sur des bases solides ». Selon l’évêque de Port-Louis, le type de fondation cité dans ce passage d’Évangile peut s’appliquer aussi à « la construction de la grande famille mauricienne ». Il poursuit : « Construire sur le roc est une entreprise très simple et qui soit à la portée de tout le monde. Chacun doit s’y mettre et il faut tout simplement avoir confiance en Dieu et croire qu’il aime profondément chaque famille comme elle est et qu’il aime notre pays tel qu’il est. Quand on prend appui sur l’amour de Dieu la construction progressera. »
Mgr Piat a ajouté qu’en posant des fondations solides, une famille et un pays peuvent résister à n’importe quelle situation de crise. « Kan nou konstrir lor ros, siklon, koud’van, tou sort kalamite kapav vini me nou lakaz rest solid ». Et Mgr Piat de préciser que les cyclones auxquels il fait référence sont des tentations tels « l’individualisme et l’égoisme », « le communalisme », « la corruption », « la violence «, «l’orgueil », « le pouvoir, » et « rod grander ».
On a relevé aussi hier cette insistance de l’évêque de Port-Louis sur la notion de solidarité qui doit primer au sein de la population. Mgr Piat a utilisé un langage imagé pour décrire ce type de solidarité qu’il souhaite voir parmi les Mauriciens. « Kan nou fini poz premier ranze bloc nou poz bann lezot bloc ki monte ziska lao. Nou kone ki tou bloc pa poz lor enn sel bloc me lor de bloc kouma bann bloc das enn miray ki ankrastre enn dan lot, li bisin parey dan nou lavi. Nou osi pou nou konstrir nou lakaz nou fami nou bisin pren lapwi lor enn lot dimounn e nou osi a nou tour nou soutenir lezot dimounn ki bizin enn koudme ». Cette solidarité dans l’interdependance est tout aussi valable, selon Mgr Piat, dans la construction d’un pays.
Service d’ordre impeccable et discipline de la foule
Comme à l'accoutumée, la foule des pèlerins dans la cour de l'église de Ste Croix était plus conséquente entre 20h et 23h en raison de la traditionnelle messe présidée par l'évêque de Port-Louis. Mais c'est dans l'ordre, la discipline et sur un ton de recueillement que les milliers de Mauriciens présents, de différentes religions, ont attendu leur tour pour entrer dans le caveau. Pour réduire le temps d'attente et éviter les passages de longue durée de certains pèlerins à l'intérieur du caveau — comme ce fut le cas l'an dernier –, les organisateurs ont cette année fait entrer les personnes par groupe de 100 et pour une pause de trois minutes seulement.
Par ailleurs, beaucoup de pèlerins ont fait part de leur satisfaction quant au service d'ordre mis par en place par le comité organisateur pour faciliter l'accès au caveau et pour une meilleure circulation de la foule dans la cour de l'église et dans les rues avoisinantes. La police, qui était à pied d'œuvre depuis hier matin à Ste-Croix, a fait un travail remarquable au niveau de la sécurité.
« Je suis satisfait du déroulement du pèlerinage d’hier soir. Les gens sont venus en famille comme souhaité par le diocèse et par le gouvernement », a fait savoir ce matin pour sa part le Deputy Prime Minister, Xavier-Luc Duval, président de la Task Force mise en place par le gouvernement. Ce dernier ainsi que d'autres ministres et députés étaient présents à cette messe solennelle.
Le Mauricien

9/09/2015

Pèlerinage du père Laval 2015


9/08/2015

TOMBEAU DU PÈRE LAVAL-PÈLERINAGE 2015 : Le diocèse de Port-Louis souhaite un pèlerinage « écologique »


Le comité organisateur du prochain pèlerinage au Tombeau du Père Laval, prévu dans la nuit du 8 au 9 septembre prochains, recommande vivement aux futurs pèlerins d’avoir le souci de l’environnement tout au long de leur parcours. « Faisons de ce pèlerinage familial, un pèlerinage écologique qui respecte l’environnement et la nature comme nous y invite le Pape François », a demandé hier le Père Henri Arthé lors d’une conférence de presse pour communiquer les informations pratiques en vue du bon déroulement de cet événement important dans la vie de l’Église à Maurice mais qui rassemble les Mauriciens en général.
Dans la nuit de mardi à mercredi prochain, les catholiques commémoreront le 151e anniversaire de la mort du Père Laval. Ce pèlerinage 2015 sera axé sur la famille et aura pour thème « Per Laval béni nou fami ». Le Père Arthé (Supérieur de la congrégation du St-Esprit et à laquelle appartenait le Père Laval) explique que ce thème correspond « à un cri » des catholiques au sujet de la place centrale de la famille dans la transmission de la vie et par conséquent dans celle de la foi et des autres valeurs humaines. Il a ajouté que le Père Laval a eu une attention particulière pour toutes les familles mauriciennes durant son apostolat et qu’il peut encore guider les familles d’aujourd’hui et les inspirer. « Tout grand missionnaire qu’il était, il avait bien compris que la reconstruction d’une société qui était basée sur le mépris et la violence, passe nécessairement par la valorisation et la consolidation des relations humaines respectueuses et saines dans la vie familiale. Confions au Père Laval toutes les familles mauriciennes indistinctement et laissons-le nous accompagner afin que chaque famille puisse accomplir son rôle et sa responsabilité dans la société », a dit le Père Arthé.
Lors de cette conférence de presse les membres du comité organisateur ont souligné les divers aspects qui selon eux permettront à chaque pèlerin de vivre un « bon pèlerinage ». Ils ont ainsi fait état de la dimension spirituelle, de la sécurité, de l’attention à l’environnement, de l’ordre et de la discipline, du respect de l’autre et de ses croyances, et du comportement individuel.
S’agissant de l’environnement, le comité organisateur demande aux pèlerins de ne pas salir le pays avec les bouteilles vides et les verres en plastique et autres sachets vides après avoir consommé de la nourriture en cours de route. Les organisateurs lancent aussi un appel aux municipalités pour mettre à la disposition des groupes qui proposeront des rafraîchissements aux pèlerins à certains endroits spécifiques un nombre suffisant de poubelles. Ils espèrent aussi que des poubelles soient très visibles sur les différents trajets qu’emprunteront les pèlerins. Toujours dans ce volet, le Père Arthé invite les ONG engagées dans le domaine de la préservation et protection de l’environnement à prendre des initiatives elles aussi afin d’atteindre l’objectif d’un « pèlerinage écologique ».
Il y a eu aussi un appel lancé en direction des marchands de rue opérant dans la région de Port-Louis afin qu’ils ne proposent pas durant la nuit du pèlerinage « un commerce » qui selon le comité organisateur « pourrait détériorer et perturber l’atmosphère spirituelle sur l’itinéraire des pèlerins ». « Faisons ensemble de ce pèlerinage une expérience de solidarité et de respect mutuel », a lancé hier le Père Arthé.
Pour sa part le Deputy Commissioner of Police Vinod Appadoo présent à cette conférence de presse a parlé des dispositions prises pour assurer la sécurité des pèlerins en route dans toutes les régions du pays ainsi qu’à Sainte-Croix. « Une équipe renforcée de la police comprenant des membres de différentes unités sera à pied d’œuvre pour assurer la sécurité des pèlerins. La police sera régulièrement dans les médias pour informer la population des mesures prises concernant la circulation et pour communiquer toute information que nous jugeons importante », a dit le DCP Appadoo.

Le Mauricien

9/07/2015

Pèlerinage Père Laval 2015 : Les marcheurs appelés à être des «pèlerins de lumière»



Tous ceux qui convergeront vers le tombeau du Père Laval dans la nuit de mardi à mercredi sont appelés à être des «pèlerins de lumière» en vivant cette démarche spirituelle dans le recueillement et un esprit civique. Pour le pèlerinage 2015, le comité organisateur a, par ailleurs, fait appel à des laïcs engagés dans des Organisations non-gouvernementales (ONG) pour être à l’écoute des pèlerins souhaitant se confier.
Dans cette volonté de faire de ce temps fort annuel de l’Eglise un pèlerinage de lumière, il a été demandé aux habitants de la région de Sainte-Croix où se trouve le sanctuaire de garder allumé un point de lumière dans leur maison ou dans leur cour en signe de la lumière luisant du fond de leur coeur pour accueillir les pèlerins et leurs familles.
Parallèlement, sur le chemin du retour, le pèlerin est appelé à «laisser briller la lumière du pardon, de la joie et de la paix qu’il a reçue». Le Père Henri Arthé, Supérieur de la Congrégation du Saint-Esprit à laquelle a appartenu le Père Laval appelle, dans ce même ordre d’idées, les pèlerins à faire preuve de civisme tout au long du trajet les conduisant à Sainte-Croix en s’abstenant, notamment, d’enlaidir les voies publiques en jetant n’importe où des détritus.
Les collectivités locales et, notamment, la mairie de Port-Louis sont, à cet effet, invitées à faire provision de poubelles additionnelles, en particulier, aux abords des points de ravitaillement que des bénévoles mettent sur pied, chaque année, durant le pèlerinage de la nuit du 8 au 9 septembre. Appel est, de même, lancé aux marchands de rues de s’abstenir de perturber l’atmosphère de recueillement nécessaire à tout pèlerinage.
Présence policière renforcée
De son côté, la police, par la voix du DCP Appadoo, rassure que des dispositions ont été prises en vue d’un déploiement en nombre suffisant d’effectifs sur le terrain en cette nuit de pèlerinage, avec, notamment, un renforcement du nombre d’agents au niveau du poste d’Abercrombie ainsi que l’appel en renfort d’éléments du NCC, de la SSU et de la SMF.
De même, le nombre de caméras de surveillance a été augmenté. Les organisateurs, indique, d’autre part, le Père Arthé, ont obtenu la collaboration des services de santé publics et privés pour la mise à disposition de six ambulances qui seront prêtes à intervenir en cas de besoin.
Durant toute la soirée du pèlerinage, la police de la route restera, de son côté, en contact avec la population au moyen d’interventions sur les ondes radio en vue de la tenir au courant des dispositions prises, notamment, en termes de parkings et de routes barrées pour les besoins de l’événement.
Prévue à 20h30, la messe principale en la soirée de mardi pour ce pèlerinage 2015 placée sous le thème de la famille sera dite par l’évêque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat. Rendez-vous est donné aux marcheurs à la cathédrale Saint-Louis d’où les pèlerins convergeront vers Sainte-Croix à partir de 18h30. Un autre groupe de pèlerins partira de la chapelle du Montmartre à Rose-Hill à partir de 17h00.
Dans des stands au parking de l’église de Sainte-Croix, cette année, des animateurs de Caritas mais aussi de Lakaz A, de Befrienders, du Centre d’accueil de Terre-Rouge, de l’association Kinouete et de Crysalide seront sur place de 18h00 à minuit mardi et de 9h00 à midi, mercredi, en vue d’être à l’écoute de ceux et celles qui sont en demande d’aide pour eux-mêmes ou pour un proche.
Outre les autorités, le Père Arthé tient à remercier particulièrement les organisations d’autrement croyants - hindoues et musulmanes - qui, chaque année, sont au nombre des bénévoles qui offrent une collation aux pèlerins en marche du père Laval. Notons aussi que cette année, le service de communication du diocèse de Port-Louis assurera en direct via youtube les temps forts du pèlerinage, dont la messe de mardi soir présidé par Mgr Maurice Piat.
Le Mauricien

Pèlerinage Père Laval 2015



Dès ce mardi 8 septembre, plusieurs milliers de Mauriciens convergeront vers caveau du Bienheureux Père Jacques Désiré Laval.

Cette année, l’île Maurice fêtera les 151 ans de la mort de l’Apôtre des pauvres. Ils seront des milliers de personnes à prendre la direction de St-Croix pour se recueillir sur la tombe de ce missionnaire et médecin qui est le père Désiré Laval. Cette année, le diocèse de Port Louis a choisi comme thème « Père Laval beni nou fami ». Cette année la messe principale se tiendra à 20h30 et sera dite par l’évêque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat.

Qui est cet homme de foi ?

Jacques Désiré Laval est né le 18 septembre 1803, à Croth, un petit village de I ’Eure en Normandie, Jacques Désiré Laval. Venant d’une famille riche, il était considéré « comme un petit roi dans son pays » (j. Michel, p. 10).

La mère de Jacques Désiré Laval, Suzanne Delérablée, était une femme affectueuse et tendre alors que son mari, Jacques Laval, était un homme dur et autoritaire. Suzanne Delérablée accueillait les pauvres et il n’était pas rare que dix ou douze mendiants soupaient à la maison et dormaient dans la bergerie ou au grenier.

En 1825, il est reçu bachelier en lettres et continue ses études en médecine. Pendant le temps de ses études, il loge chez un ancien médecin, bon vieux professeur d’université qui faisait de sa maison un foyer pour les étudiants. Il trouve là une ambiance favorable pour sa vie chrétienne. Jacques Désiré Laval garde sa pratique chrétienne et consacre beaucoup de temps libre pour visiter les pauvres.

En septembre 1830, il ouvre son cabinet et est reconnu comme un docteur compétent et généreux, envers les pauvres. Il les soigne gratuitement, et à quelques-uns il envoie le pain, le vin et le pot-au-feu.

En 1835, il prend la décision de devenir prêtre afin de de se mettre au service de la communauté et donne tout ce qu’il a de valeur dans sa chambre. Il consacre beaucoup de temps à la prière et se mortifie beaucoup. Il visite les malades et il s’habille pauvrement en donnant beaucoup aux mendiants : de la nourriture et ses habits.

En 1840, il s’engage dans un projet de société missionnaire pour les colonies et arrive à l’Ile Maurice le lundi 13 septembre 1841, à 15h, après 100 jours de traversée, le Tanjore entre dans la rade de Port-Louis. Le Père Laval reste à Maurice pour s’occuper des affranchis et des prisonniers.

Le 26 septembre 1841, le Père Laval reçoit la charge de la Mission des Noirs, puis en janvier 1842, celle d’aumônier de prison. La population blanche se fâche contre le Père Laval. A la messe du dimanche, à midi, pour les Noirs, le Père Laval leur permet de s’asseoir dans les bancs réservés aux Blancs.

En pleine nuit du jeudi 8 septembre 1864 il eut une double attaque d’apoplexie et d’hémiplégie. Sa plus grande souffrance est de ne plus pouvoir célébrer la messe. Le 9 septembre 1864 il meurt dans l’après-midi, après avoir répété longuement ce verset du psaume : «J’étais dans la joie, quand on m’a dit : allons à la maison du Seigneur. »

9/03/2015

Père Laval, créoliste avant la lettre


Il est dommage que le Père Laval n’ait pas connu l’abbé Déroulède, décédé avant son arrivée en 1842. L’abbé Déroulède a été le premier prêtre catholique mauricien et il évangélisait les esclaves en kreol. Cependant, comme l’indique le conférencier Vinesh Hookoomsing lors du colloque commémorant les 150 ans de la mort du Père Laval, ce dernier a été un créoliste avant la lettre. En effet, il a été à l’origine du premier catéchisme en Kreol, le « Petit catéchisme des Noirs ».
Par ailleurs, Jimmy Harmon, doctorant, prend à contre-pied l’abbé Didier Colson (thèse de doctorat) et ceux qui avancent que le Père Laval a été instrumentalisé par les colons. Didier Colson déplore que l’action du Père Laval n’ait pas permis la transformation sociale des esclaves affranchis. Mais pour Jimmy Harmon l’action du Père Laval et de ses auxiliaires a été déterminante. « Noir avec les noirs », adoptant le style de vie des affranchis. Jimmy Harmon nous réfère au livre de l’historien réunionnais Prosper Eve sur le Père Levavasseur « qui projette une lumière nouvelle » sur le rôle des missionnaires dans le sud-ouest de l’océan Indien et qui insiste sur l’immersion du Père Laval dans la vie des plus pauvres. Ce qui amène Jimmy Harmon à dire que les créoles doivent s’approprier l’héritage et la double identité du Père Laval, « icône des Afrokreol » et tout aussi l’apôtre de tous les Mauriciens. Le Père Laval trouve le même écho chez Danielle Palmyre, théologienne, pour qui le Père Laval a joué « un rôle déterminant dans la construction identitaire des affranchis et de leurs descendants ». Et Mgr.Maurice Piat de faire ressortir que si « les anglicans ont été les champions de la libération des esclaves chez nous, le Père Laval a été le champion de la réhabilitation des esclaves après l’abolition ».
Selon le recensement de 1851, neuf ans après l’arrivée du Père Laval à Maurice, sur une population d’affranchis (avec l’abolition de l’esclavage en 1835) et d’ex-apprentis (avec la fin de la période d’apprentissage en 1839) 48 330 se disaient de foi catholique, soit 88% de cette population. Jocelyn Chan Low, historien, indique que l’historiographie traditionnelle renvoie « à l’œuvre presque miraculeuse du Bienheureux Jacques Désiré Laval. » Mais l’historien note aussitôt que « la mission du Père Laval incomprise au départ par l’élite coloniale aura très vite son soutien. Dès 1843 le Cernéen mentionne en termes élogieux le travail du missionnaire ». Et la Sentinelle de Maurice d’écrire en 1851 : « On ne moralise pas un peuple en lui enseignant uniquement à se signer à chaque minute ; à défiler méthodiquement un chapelet ; à faire trois fois par jour le chemin de la croix et à chanter matin et soir des cantiques… on moralise quand on éclaire et non quand on abrutit l’intelligence… ».
Jocelyn Chan Low nous renvoie également à Didier Colson qui déclare que « l’œuvre essentiellement moralisatrice ne remettait nullement en question une société reposant sur une hiérarchie de couleur et de race ; (…) et l’Eglise catholique fut vite perçue comme une alliée pouvant aider à rétablir sur les ex-esclaves son autorité effritée par l’abolition de l’esclavage.» Alors que dans le même temps le missionnaire de l’église presbytérienne Jean Lebrun, fait ressortir Jocelyn Chan Low, soutenait « les revendications des gens de couleur contre le racisme et en faveur de l’égalité sociale ». Il fut même poursuivi, nous dit d’autre part Rivaltz Quenette, « pour avoir manifesté contre l’existence d’un mur séparant le cimetière des noirs du cimetière des blancs ».
Deux lectures s’affrontent au sujet de l’action du Père Laval en son temps. Mais le fait demeure que 150 ans après sa mort, le Père Laval ne laisse personne insensible et continue d’attirer des dizaines de milliers de Mauriciens à Ste. Croix.


Par JEAN CLÉMENT CANGY, Le Mauricien