9/24/2007

Jacques-Désiré Laval (1803-1864) - Itinéraire d'un bienheureux - De sa Normandie natale à l'île Maurice


« Jacques-Désiré LAVAL (1803-1864) - Itinéraire d'un bienheureux - De sa Normandie natale à l'île Maurice »

Editions Publibook
Livre de Benoît Smerecki, 240 pages, préfacé par Mgr Maurice E. Piat, évêque de Port-Louis et le Père Guy Rose, aumônier des Mauriciens de France
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et dans toutes les bonnes librairies.

Mgr Amédée Nagapen : « Le Père Laval : bienheureux ou agent politique des colons ? »

Ces dernières semaines, de nombreux catholiques ont été surpris d'entendre des historiens affirmer que le Père Laval n'a pas été l'Apôtre des Noirs, mais plutôt un agent politique des colons. «La Vie Catholique» a rencontre Mgr Amédée Nagapen, historien, pour en savoir plus.

D'où vient cette thèse que le Père Laval s'est placé du côté des colons contre les anciens esclaves ?

Il faut savoir que cette idée vient d'une thèse de doctorat de Didier Colson. Cet historien reconnaît la sainteté du missionnaire Jacques Désiré Laval, «homme de prière, ascète, humble, désintéressé, aimant». Quand Laval débarque à l'île Maurice en 1841, il rencontre une masse d'anciens esclaves émancipés deux ans plus tôt et dont les cœurs trépignaient de rancœurs, sinon de haine. Cette classe de Noirs entretenait tous les ingrédients capables d'exploser en révolte. Toutefois, de révolte il n'y en eut point. Parce que le Père Laval est venu opérer une révolution, une révolution des esprits et des cœurs. L'Evangile de Jésus-Christ, dont il venait abreuver ces milliers d'affranchis, leur fit prendre conscience de leur dignité d'hommes et de femmes debout, de fils et de filles de Dieu.

Pourquoi l'accuse-t-on alors d'avoir été au service du pouvoir des colons ?

La thèse de Didier Colson se situe à un niveau politique et sociologique ­ démarche et méthodologie que je conteste.
Il faut savoir que les Blancs d'origine française se sont retrouvés fragilisés avec l'abolition de l'esclavage et l'introduction des «engagés» de l'Inde, surtout face au pouvoir britannique. Et ils ont alors eu recours au catholicisme. Et l'arrivée de Laval tombe à point nommé dans la colonie. Pour ces colons, c'est «Mobilisons les catholiques !» Et Colson tente de montrer que l'Eglise a favorisé les Mauriciens français. D'où l'orientation qu'il donne à l'action du Père Laval. Colson avance que Laval a conduit les Noirs opprimés vers leurs maîtres grâce à une même foi, ce qui firent des anciens esclaves de bons serviteurs.

Colson s'est donc trompé ?

Colson veut démontrer, maladroitement, que le Père Laval n'a été que le suppôt des Blancs. Ce réquisitoire anti-Laval entre dans le courant de pensée cher aux intellectuels de la seconde moitié du XXe siècle voulant que l'homme opprimé ne se libérait de sa condition qu'en se révoltant. Colson reproche au Père Laval son inertie sur le plan politique. Il estime que «la dignité que le Père Laval reconnut aux Noirs, comme aux opprimes en général, aurait dû, pour être complète ; aller jusqu'au droit de leur spécificité personnelle et politique dans la Cité».
Pour Colson, le missionnaire était incapable d'imaginer la question sociale. Il estime que le Père Laval, en moralisant les Noirs, «leur donna la dernière [place], celle que souhaitaient pour eux leurs anciens maîtres, les colons, apeurés de la revanche, des contrecoups de la liberté devenue folle».
L'auteur, au lieu de parler de «libération effective», l'émancipation ayant déjà eu lieu, il conviendrait plutôt de parler de «compromis», le «respect de l'ordre établi demeurant fondamental» pour l'Apôtre des Noirs.

Qu'est-ce qui nous permet de dire que le Père Laval a été proche des Noirs ?

C'est une évidence confirmée par des faits historiques. Des documents de l'époque parlent de «paroisse de 80 000 Noirs du Père Laval.» Les exemples abondent de la pastorale spiritaine de l'époque tant à Port-Louis qu'à la campagne. Sont aussi des faits avérés: les 75 catéchistes, les conseilleuses et le catéchisme en créole ainsi que son apostolat à la cathédrale en créole. Ou encore l'accueil dans son cagibi et son apostolat à la sacristie et la messe des Noirs le dimanche à midi. Il a construit une dizaine de chapelles à Port-Louis et ses environs. Et il y a des centaines de témoignages d'affection dans de nombreux documents de l'époque.

Colson s'est donc trompé ?

Il s'est trompé de siècle et de personnage ! S'il avait construit son argumentaire autour de Pierre Poivre, il aurait eu 100% raison. Poivre avait demandé aux maîtres de bien traiter leurs esclaves, car «des esclaves bien traités serviront toujours bien leurs maîtres».

La Vie Catholique

9/17/2007

«Avek Père Laval Pa Zet Lekor»

Catholiques et autrement croyants des quartiers d'Olivia étaient réunis autour de la grotte consacrée au Bx Père Laval dans le quartier de Boutique-Charlie pour redécouvrir qui fut ce grand apôtre que nous célébrons chaque année le 9 septembre.

C'est par le chant Viv to lavi pou levanzil que la veillée du 8 septembre a débuté. Une soirée très riche, divisée en plusieurs parties, où, à travers le CD sur la vie du Bx, présenté par le père Louis Verchère, nous avons pu revivre le parcours du père Laval de sa France natale jusqu'à chez nous.

A travers des sketches présentés par certains quartiers, nous avons pu revivre les étapes de la mission du père Laval et comprendre ce que sa mission nous enseigne encore aujourd'hui ; cela nous a permis de réfléchir sur la grande question de la soirée : Ki nou mission dan legliz azordi ?

Notre mission : être à l'écoute de la parole de Dieu, la mettre en pratique pour être un soutien les uns les autres dans l'amour et la persévérance, à l'exemple de père Laval. A la fin de la veillée, les intentions de prière ont été pour une Eglise plus unie et solidaire. Dans la joie et la reconnaissance, nous chantions :«Merci difon nou leker... Merci, merci Père Laval.»

Pendant que les gens réunis priaient autour du mini-caveau du bienheureux avant de rentrer chez eux... Rendez-vous à 8h30 le matin du 9 septembre pour une procession de la cour de la chapelle Ste-Thérèse-de-l'Enfant-Jésus à la grotte du père Laval, pour la célébration de la messe et encore une fois rendre hommage à celui qui a évangélisé notre île Maurice.

Participation active du Conseil des religions

Les membres du Conseil des religions ­ la pandita Pokraz (Arya Samaj), François Lan (Bouddhist Association of Mauritius)), Masjid Abdool Karrumtallee (Muslin Citizens Council) et le pandit Ved Gopee (Sanatahn Dharma Temples Federation) - ont fait de courtes interventions et une prière au tout début de l'eucharistie présidée par Mgr Maurice E. Piat.

Une intervention pour, d'une part, motiver leur «cause commune dans le combat contre le VIH/sida». Et, d'autre part, leur engagement dans la présente campagne de sensibilisation et de prévention : «Se débarrasser de ce fléau qui menace à la fois notre jeunesse et notre société.»

Ainsi, le Masjid Abdool Karrumtallee a rappelé que «Dieu ne change pas les conditions d'un peuple à moins que celui-ci ne change de comportement, d'attitude». Alors que le pandit Ved Gopee a insisté sur l'importance de «canaliser la puissance des religions afin de consolider davantage l'harmonie, favoriser le dialogue entre les différentes cultures et religions et ainsi arriver à un monde meilleur». Et que la pandita Auckraz et François Lan ont abondé dans le même sens ; la première nommée notamment en priant pour le respect des femmes.

La vie Catholique

P. LAVAL 2007 - Mgr Maurice E. Piat : «La drog pa zis dan site ; tou kominote konserne. Nous sommes tous vulnérables. Tou ! »

Ils étaient plusieurs milliers à se déplacer le week-end dernier au tombeau du Bx Père Laval. Venus des quatre coins de l'île, souvent en groupes, enfants, femmes et hommes ­ toutes religions confondues ­ ont rendu hommage à l'Apôtre des Noirs pour sa contribution à l'Église et à la société mauricienne. Prier que son exemple les guide et les porte dans leur quotidien. Une marée humaine réconfortée par un même message : «Avek Père Laval, na pa zet lekor», thème du pèlerinage 2007, et ce en lien avec la Lettre pastorale de cette année («Ayez le courage d'espérer»), invitant à la confiance dans le Christ, à croire dans nos capacités communes et à persévérer.

Prenant exemple sur le père Laval, Mgr Maurice E. Piat a exhorté les Mauriciens à un véritable engagement face à la drogue et au VIH/sida. Pour ce faire, il leur a proposé trois pistes d'action. D'abord, ne jamais y rester indifférent : «Pran kont, ouver lizie.» Puis, ne pas s'adonner à des pratiques de rejet : «Donn lamin, soutenir.» Et encore, «ne pas être spectateur, mais acteur et s'engager pleinement dans la prévention».

Dès ses premiers mots, l'évêque s'est donné la peine de situer l'ampleur du fléau de la drogue et de son corollaire, le VIH/sida. Avec comme motivation celle de contrer l'indifférence. Le VIH/sida se propage aujourd'hui à 90% par des seringues infectées. 10% des jeunes de moins de 25 ans s'injectent de la drogue. Le pays occupe la première place sur le continent africain et deuxième au niveau mondial en termes de consommation de drogue, a rappelé Mgr Maurice E. Piat.

La drogue, dira encore Mgr Piat, conduit à la violence et à l'insécurité. «Quand la personne est fat yen ­ en manque ­, la souffrance est terrible. Elle est telle qu'elle n'a plus peur de la police, des coups. Son obsession est de se trouver sa dose. Ladrog fan insekirite dan pei. Ki nou pou fer ek nou zoli lakaz, nou zoli loto ? Eski nou bizin met nou zoli bizou dan labank ?»


Tous vulnérables

Tout un tableau qui l'a conduit à s'étendre sur la capacité du VIH/sida à se développer de manière exponentielle et sur ses dangers. «La drog pa zis dan site ; tou kominote konserne. Lavil, vilaz, zom, fam. La drogue répand aussi le VIH/sida parce que les gens sont sexuellement actifs. Elle a fait son entrée dans les collèges ; quelque cent jeunes vivent aujourd'hui avec le VIH/sida. Personne ne peut aujourd'hui dire : Dans nou pena sa. Mo fami a labri. Nous sommes tous vulnérables. Tous !»

De l'avis de Mgr Maurice E. Piat, la drogue et le VIH/sida sont les «problèmes numéro un» du pays. Détruisant notre jeunesse, apportant souffrance dans les familles et affaiblissant notre force de travail. Et de pointer du doigt les «approches fragmentées» tout en préconisant «la collaboration de tous et un leadership fort».


Décision de cœur

Plus loin, Mgr Maurice E. Piat s'est interrogé : «Qui parmi nous ira causer avec les pharaons, les barons de la drogue ? Pour leur porter le message suivant : Zot osi ena fam, zanfan, fami. Zot osi kon lasoufrans. Comment pouvez-vous dormir tranquillement alors que vous investissez dans une culture de la mort, dans la mort de notre société ?» Et d'insister que la police seule ne peut arrêter ce commerce de la mort. Car il faut au préalable une «décision de cœur».

Développant son deuxième point ­ ne pas s'adonner à des pratiques de rejet ­, en s'appuyant sur l'évangile du jour (les apôtres nourrissant la foule avec cinq pains et deux poissons), Mgr Piat a invité les Mauriciens à être aux côtés des toxicomanes et des porteurs du VIH/sida.

Droits et devoirs

«Qui va descendre sur le terrain ? Qui va partager ses cinq pains ? Ses cinq pains de courage, d'amitié, de générosité. Ne les accablez pas, ne les stigmatisez pas : Pa dir zot inn rode, tan pi. Ces frères et sœurs sont des enfants de Dieu ; ils ont droit à un traitement gratuit, à un encouragement, à un soutien pour continuer leur vie»

Des droits, mais aussi des devoirs de la part de celui/ceux qui s'engage/nt dans des comportements à risques : se soumettre à des tests de dépistage, prévenir son/sa partenaire de son état de santé, se protéger et protéger son/sa partenaire et, en aucun cas, mettre la vie des autres en danger.


Lecteurs engagés

Incitant les Mauriciens à «être acteurs» dans le combat du VIH/sida, Mgr Maurice E. Piat a rappelé que cette maladie ne s'attrape pas à la manière d'une grippe ou encore du chikungunya. «Bizin al rod-li. Donc, il y a la possibilité de faire un travail de prévention. De décourager les gens à aller chercher la maladie pour l'emporter chez eux. La drogue, c'est une marchandise, un commerce. La pub nous dit qu'elle donne le nisa. C'est archifaux ! La jouissance ne dure que quelques moments et, après, c'est une très grande souffrance.»

Pour ce faire, l'évêque en appelle à la jeunesse mauricienne pour montrer qu'une vie heureuse et épanouie est possible sans drogue, sans alcool. Et, s'adressant aux diverses composantes de la société, il a fait un vif plaidoyer pour des «loisirs sains où les jeunes seraient acteurs», l'encadrement de ces derniers, dans différents domaines, par de jeunes adultes, l'organisation d'«activités sociales volontaires permettant aux jeunes de donner de leur temps au service de la société».

Mgr Maurice E. Piat a conclu son plaidoyer par un appel aux autorités. En faveur d'un «plan national» de lutte, porté par la concertation et un «leadership fort». Avec la contribution de toutes les communautés et religions. Ce, avant de «rendre grâce pour tous ceux qui se donnent de la peine, de leur courage, de leur temps pour barrer la route à la drogue et au VIH/sida».

Danièle Babooram

9/13/2007

PINTERVILLE 2007


Pèlerinage diocésain
L'évêque d'Evreux a participé le dimanche 9 septembre 2007 au pélerinage diocésain du Père Laval.

video

9/10/2007

PÈRE LAVAL Messe samedi à Ste-Croix - Mgr Piat sollicite toutes les religions contre la drogue et le sida

" La drog ek sida, pa zis enn maladi me enn problem numero enn dan nou pei ki pe afebli nou fami, amenn insekirite ", a souligné l'évêque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat, lors de la principale messe célébrée à l'occasion de l'anniversaire de la mort du père Laval samedi à Ste-Croix. Le thème de cet événement cette année étant Avek Per Laval, pa zet lekor, l'évêque a fait un plaidoyer à la population pour " ouvrir un chemin de collaboration entre les personnes de toutes les religions pour combattre ce grand fléau ".

" Eski nou pou zet lekor ou kouma Père Laval nou pou avanse ? ". C'est ainsi que l'évêque a interpellé la foule de pèlerins. Auparavant, il devait anticiper en répondant à une éventuelle question de certaines personnes. " Ena kapav dir kifer relizion interese avek sida ". La réponse, dit-il, se trouve dans l'histoire de Moïse. " Bon Die dir mo finn trouv soufrans de mon peuple. Mo finn desan e aster mo rod toi. Ce qui veut dire qu'avant même que nous ayons compris la souffrance du sida, Dieu l'a vue et il est là. C'est lui qui nous appelle. Et, nous devons répondre ".

Il a exhorté les diverses religions à " pa zet lekor " mais à, tout comme le père Laval, " faire de petits pas ". Il en a suggéré trois. D'abord, ne pas rester indifférent. " Le sida est en train de se propager à 90 % par la drogue. 10 % des moins de 25 ans s'injectent de la drogue dans le corps. Maurice est le 1er pays africain et le deuxième pays mondial dans la consommation de la drogue. Donc, si le sida se répand par la drogue, son risque de propagation est très fort ", a soutenu l'évêque de Port-Louis. Et de parler ainsi de " danger réel ". Avant de souligner que le fléau de la drogue n'existe pas uniquement dans les " cités " mais dans toutes les communautés, en ville, et touche de surcroît de plus en plus de femmes. Quant aux jeunes, rappelle-t-il, " plus d'une centaine de collégiens vivent avec le sida. Alors, dan nou pei, nou ne pli kapav dir nou pena sa. On doit se donner la main pour plus de solidarité ".

L'évêque a tenu à attirer plus de prise de conscience quant aux conséquences sociales également de la drogue : violence, vol, agression. " Le manque que ressent une personne victime de la drogue est pire que toute souffrance. Une seule chose compte alors pour lui : comment peut-il se procurer la drogue ? Cela entraîne une certaine insécurité. Les gens ont peur de garer leurs voitures dans certains endroits ".

La deuxième attitude que suggère l'évêque : ne pas rejeter les personnes victimes du VIH/Sida. " Bon Die dir Moïse : to peuple dan soufrans, al koz avek faraon pou liber to peuple. Moïse dir : ki mo ete moi ? Bon Die dir : fer, mo pou ed toi ". Établissant une analogie avec l'histoire de Moïse, Mgr Piat a désigné les trafiquants de drogue comme les " pharaons de la drogue ". À ceux-ci, il a imploré : " Mo ti anvi dir zot, zot osi ena madam, fami, zot kone ki ete la soufrans. Kouma zot kapav dormi asoir kan zot investi kas dan enn komers lamor. Investi dan kitsoz ki pou fer sosiete devlope ".

Par ailleurs, pour l'évêque, les personnes vivant avec le VIH/Sida sont " des enfants de Dieu " qui ont droit à des traitements gratuits. En même temps, souligne-t-il, " ils ont aussi un devoir : celui de faire un examen pour savoir s'ils sont séropositifs ou pas. S'il/elle a un (e) partenaire, il/elle doit être franc(he) pour protéger son/sa partenaire ".

En troisième lieu, il a invité la population à agir dans la lutte contre la drogue et le VIH/Sida, qu'on " n'a pas comme on contracterait le virus du chikungunya. Mais, c'est quelque chose que vous allez chercher ". D'où l'importance d'un travail de prévention, selon lui. Il a invité les jeunes à montrer qu'ils ont des talents et des capacités. " Il faut que l'on réinvente des loisirs sportifs où les jeunes ont l'occasion de vivre des valeurs ". D'autre part, il en appelle aux couples " qui vivent la beauté de la sexualité - ce n'est pas une machine à procurer du plaisir mais pour vivre un amour durable, solide " à rencontrer les jeunes afin de les sensibiliser. Et Mgr Piat de demander aux autorités qu'il y ait un plan national concerté " où toutes les religions et communautés apportent leur contribution ".

À noter que divers représentants religieux du Conseil des Religions, en l'occurrence, le pandit Ved Gopee, représentant de la foi sanataniste, la pandita Pokraz, de l'Arya Sabha, Abdool Majeed Korumtollee, du Muslim Citizen Council et François Lan de la Buddhist Association of Mauritius ont dit des prières au début de la messe pour la lutte contre ces deux fléaux et pour l'harmonie dans le pays.

PELERINAGE PERE LAVAL - Miracle, vous avez dit miracle ?

Ce week-end, ils sont des milliers à converger vers le caveau du Père Laval pour le traditionnel pèlerinage. Certains viennent y chercher la guérison. Un phénomène qui laisse les médecins sceptique

A Sainte-Croix, au caveau du bienheureux Père Laval, il est un rituel que chaque visiteur se fait un devoir d’accomplir. Hommes et femmes, tous effleurent l’effigie en plâtre du Père Laval avant de toucher le front de leurs enfants…

Chaque jour, ils sont des dizaines à accomplir ce geste qui aurait provoqué des guérisons miraculeuses. Ce soir, comme chaque année, ils seront des milliers à converger vers Ste.-Croix pour le pèlerinage annuel marquant l’anniversaire de la mort du Père Laval.

Pourtant, un seul miracle «avéré» est attribué à celui considéré par beaucoup comme «l’apôtre des Noirs». Le 17 juillet 1923, une «guérison humainement inexplicable», s’est produite sur le tombeau du Père Laval. Edgar Beaubois, un anglican, fut «miraculeusement guéri d’une maladie de peau déclarée incurable».

Pour le père Bernard Hym, curé de la paroisse de Ste.-Croix depuis 19 ans, outre ce miracle «reconnu officiellement par l’Eglise», un autre a été «identifié» il y a une douzaine d’années parmi les centaines de personnes qui considèrent avoir bénéficié d’un miracle du bienheureux Père Laval. «Après qu’un enfant a eu un œil crevé lors d’un accident, la patronne du père de l’enfant, fervente croyante, s’est rendue au caveau du Père Laval pour y prier pour sa guérison», raconte le père Bernard Hym.

La crainte des pairs

A Ste.-Croix, la femme aurait posé un mouchoir sur le caveau du Père Laval. De retour au chevet de l’enfant, elle aurait posé le mouchoir sur son œil. «Avant même que le médecin enlève le bandeau de l’enfant, elle savait que l’enfant était guéri. Elle l’a dit au médecin», ajoute le curé de Ste.-Croix.

Si dans son premier rapport, le médecin atteste que la guérison de l’enfant est totale, il reviendra par la suite sur cette déclaration. «Il a dû prendre peur et ne pas vouloir assumer une telle responsabilité. Il a alors dit qu’il restait un peu de sang dans l’œil de l’enfant», explique le père Hym. Ce qui rend caduque l’hypothèse du miracle car pour qu’une guérison soit considérée comme miraculeuse par l’Eglise catholique, il faut qu’elle soit «complète, instantanée et inexplicable par la science».

Peur d‘«assumer une telle responsabilité» ou peur de ce que diront ses pairs ? «Si tu es médecin, tu ne peux pas croire aux miracles», soutient un médecin qui a souhaité conserver l’anonymat. «Les guérisons miraculeuses n’existent pas. C’est psychosomatique. N’importe quelle personne peut combattre la maladie si elle y croit fermement.» L’effet placebo ou alors tout simplement… la foi.

Un des critères pour qu’un «miracle» soit reconnu comme tel est de «n’avoir bénéficié d’aucun traitement médical avant sa guérison». A la lumière de cela, ce médecin est d’avis qu’il est possible que les personnes qui disent avoir bénéficié d’une guérison miraculeuse n’«avaient pas à leur disposition toutes les données médicales de leur condition». Ce médecin cite l’exemple des pèlerins qui se rendent à Lourdes en chaise roulante et qui au retour arrivent à marcher. «Si ça se trouve, ils n’étaient pas paralysés mais avaient simplement une inflammation qui les empêchait de marcher.»

Pour qu’un miracle soit certifié, il doit être reconnu par le comité médical international de l’Eglise catholique. Des médecins spécialistes y siègent. Ils varient selon les cas cliniques présentés. «Leur jugement est à caractère purement scientifique, ils ne se prononcent pas sur le fait du miracle.» Mais pour le médecin interrogé, «pour peu que le médecin soit un fervent catholique, il peut être très subjectif…»

Valérie OLLA, article publié le Samedi 8 septembre 2007.

Pèlerinage Père Laval 2007 - Mgr Maurice Piat: "Face à la drogue et au Sida, nul ne peut dire dan nou sa, péna !"

"Face aux fléaux de la drogue et du Sida, désormais, nul ne peut dire dan nou sa, péna", a déclaré, en substance, hier soir, l'évêque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat, à la principale messe célébrée dans le cadre du pèlerinage père Laval 2007 placé sous le thème "Avek Père Laval, Napa Zet Lékor". "Nous sommes tous vulnérables", a soutenu Mgr Piat. Raison de plus, selon lui, de se donner la main pour combattre le mal.

Expliquant le sens de l'engagement des religieux dans la lutte contre le Sida, Mgr Piat s'est référé au passage du Livre de l'Exode où Dieu appelle Moïse à la libération de son peuple de l'esclavage en Egypte. Ainsi, devait-il dire c'est "Dieu qui entend la misère des victimes du Sida" et "appelle pour eux à l'ouverture d'un chemin de libération".

L'évêque de Port-Louis a souligné le lien, désormais, intime, chez nous, entre la progression du Sida et celle de la drogue dans la mesure où les dernières statistiques laissent entrevoir que 90% des personnes infectées par le virus mortel l'ont été par l'usage de seringues de drogue infectées. Le chef de l'Eglise catholique locale a rappelé que Maurice est en tête des pays africains en termes de consommation d'héroïne et deuxième au plan mondial.

D'où, dit-il, le "réel danger" qui nous menace. D'autant que la drogue n'est pas qu'une menace "que pour les cités". Raison de plus de "se donner la main" en vue de combattre le mal.

L'évêque de Port-Louis n'a pas, non plus, manqué d'évoquer le problème d'insécurité découlant du fléau de la drogue. Il a présenté les problèmes de la drogue et du Sida comme le principal fléau susceptible d'affecter notre force du travail et "mettre l'économie en danger".

Face à cela, Mgr Piat appelle les autorités à l'élaboration d'un "plan concerté sous un leadership fort". Aux "Pharaons de la drogue", l'évêque de Port-Louis en appelle à leur conscience, "eux qui ont aussi une famille" et les "supplie" de voir la souffrance qu'il occasionne en "investissant dans un commerce de la mort". Il rappelle qu'au niveau de la répression, ce sont toujours les "ti-miyon" qui sont pris alors que les gros requins continuent leur nage en eaux profondes.

S'il plaide pour le droit aux victimes du Sida à la compassion et à un traitement "heureusement gratuit chez nous", Mgr Piat leur rappelle, quand même, leurs devoirs, notamment, celui d'informer leur partenaire de leur séropositivité.

Sous ce même rapport, l'évêque de Port-Louis appelle les couples qui "vivent une sexualité épanouie" à partager leur expérience à la jeune génération. Pour l'évêque de Port-Louis, il est temps de "réinventer, à l'intention de la jeunesse, des loisirs sains" de même que de l'encourager à s'engager dans des activités sociales volontaires.

Se référant à l'Évangile de la multiplication des pains proclamée lors de cette messe du père Laval, Mgr Piat a, en conclusion, rendu grâce "aux personnes généreuses" qui, déjà, sont sur le terrain de la lutte contre la drogue et le Sida et les a comparées aux "cinq pains et deux poissons" de départ qui devaient se multiplier pour satisfaire la faim des 5000 personnes présentes.

Au début de la célébration, des représentants d'autres confessions religieuses, membres du Conseil des religions, nommément, la pandita Pokraz de l'Arya Sabha, M. François Lam de la Bouddist Association of Mauritius, M. Abdool Majeed Koromtally du Muslim Citizen Council et le pandit Ved Gopee, représentant de la foi sataniste ont, tous, prié pour la lutte contre le sida et pour que la paix et l'harmonie continuent de régner dans le pays. C'est le père Sylvain Victoire qui a proclamé l'Évangile de Saint Luc.

Pour ce pèlerinage 2007 au tombeau du Bienheureux père Laval, une immense foule bigarrée de pèlerins a, de nouveau, convergé vers Sainte Croix durant la soirée d'hier. Vieux, jeunes et enfants, souvent venus en famille ont défilé au tombeau du Bienheureux, qui, pour faire une demande d'intercession, qui pour rendre grâce pour un vœu exhaussé. Le pèlerinage se poursuit ce dimanche 9 septembre, jour de la fête du père Laval, avec la tenue de sept messes à chaque intervalle de deux heures, la première à 6h00 le matin et la dernière à 18h00.

9/06/2007

Calendrier des messes


Plusieurs messes seront célébrées à l'église de Sainte-Croix à l'occasion de la Fête du Père Laval le week-end du 8 et 9 septembre. Samedi 8, une prière interreligieuse axée sur le sida sera dite par le père Philippe Goupille à 14 h. D'autres messes sont prévues à 16 h, 18 h et 22 h 30 le même jour. La messe célébrée par l'évêque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat, à 20 h 30, sera diffusée sur la MBC TV. Le dimanche 9 septembre, plusieurs autres messes sont prévues à 6 h, 8 h, 10 h, 12 h, 14 h, 16 h et 18 h.

Caveau du Père Laval

Contrairement à ce que croient certaines personnes, le père Hym précise que le corps du Père Laval repose bien à Sainte-Croix et pas ailleurs. Un premier caveau fut construit en 1870 et ensuite détruit, indique-t-il. Le nouveau date de 1965. Le 9 septembre 1870, le cercueil du Père Laval fut déposé dans un sarcophage, sur lequel le Frère Vital a réalisé un gisant du Père Laval. Le 2 mai 1923, le cercueil fut ouvert en présence de Mgr Murphy et d'un grand nombre de prêtres. Il ne reste que les os, qui sont placés dans un double cercueil en teck et de plomb et mis dans le sarcophage. " Depuis, le sarcophage et le cercueil n'ont pas été réouverts ". Le caveau actuel a pour architecte Max Boullé.

Le père Hym demande aux pèlerins de venir en groupes

" Je demande aux pèlerins qui viendront se recueillir sur le tombeau du Père Laval de venir en groupes et de repartir en groupes, dans des contract bus, pour leur propre sécurité ". C'est l'appel lancé par le père Bernard Hym, de la Cure de Sainte-Croix, dans un contexte qui, dit-il, est différent de celui d'il y a une dizaine d'années, où il régnait " une surveillance mutuelle au cours d'un pèlerinage familial ". Toutefois, rassure-t-il, comme l'an dernier, tout un périmètre de sécurité sera assuré par la police, qui sera aidée par des membres des forces vives de la région.

" Ma priorité, c'est que les pèlerins rentrent chez eux sains et saufs. Que chacun prenne ses responsabilités ", déclare le père Hym. Tout en citant des cas d'agressions sur ce lieu de pèlerinage - des femmes qui se sont fait voler leurs chaînes, par exemple -, le père Hym affirme par ailleurs que " s'il y a quatre ans, à l'occasion de cette fête, une dame avait attendu le bus à 3 h du matin et a pu partir à 6 h seulement, aujourd'hui, une telle chose n'est plus envisageable ". D'autre part, il souligne que le pèlerinage peut très bien se faire au courant de l'année et non uniquement durant la fête du Père Laval. " Il y a 10 000 personnes qui viennent sur ce lieu par semaine. Et, c'est dommage qu'ils viennent toujours pressés. Or, si l'on programmait une matinée ou une journée paroissiale au Père Laval, ils pourraient mieux visiter et mieux connaître l'histoire de l'apôtre des pauvres ".

En effet, deux nouveaux bureaux viennent d'être construits, où des prêtres spiritains comme le père Hym se mettront bientôt à la disposition des fidèles pour écouter leurs problèmes, les confesser et les réconforter. " Que les pèlerins profitent au mieux de cette présence spiritaine et s'organisent en groupe ou en paroisse et annoncent leur visite à l'avance. Les spiritains pourront leur offrir non seulement une visite guidée au musée mais aussi la possibilité d'un temps de réflexion et de prière auprès de l'apôtre de l'unité mauricienne ". Pour le père Bernard Hym, le Père Laval représente en effet un élément fédérateur et peut aider à consolider l'unité mauricienne.

Le musée, à l'arrière de l'église, où plusieurs objets et documents retracent la vie du Père Laval, vient de recevoir un buste de l'apôtre créé par Prosper d'Épinay en 1863, et donné à la municipalité de Port-Louis par la suite. Ce buste, qui était exposé chaque année sur le parvis de la mairie, a été restauré par Ecosse Pierre, un habitant de Sainte-Croix. Le buste, qui appartient toujours à la mairie de Port-Louis, restera désormais au musée du Père Laval, alors qu'une copie sera exposée au premier lieu.

Autre nouveauté : le gisant du Père Laval, dans ce qui est connu comme le Caveau du Père Laval, vient d'être repeint par un peintre de l'Inde. Ce gisant, rappelle le père Hym, fut créé en 1870, six ans après la mort du Père Laval, par le Frère Vital, qui l'a connu de son vivant.

Cette année, le thème choisi pour la fête est Avek Per Laval Pa Zet Lekor. Selon le père Hym, ce thème est lié à la lettre de carême 2007 de Mgr Maurice Piat : Ayez le Courage d'espérer. " C'est une invitation à la confiance dans le Seigneur et dans l'avenir, à la persévérance même dans les difficultés ". " Le père Laval et ses auxiliaires laïcs étaient les mains vides face à la tâche ; leur force a été de reconnaître leur petitesse et de puiser leur confiance dans le Christ. Parski zot pa finn zetr lekor, ils ont contribué à transformer leur pays ".

Rendez-vous à Sainte-Croix


Le tombeau du père Jacques Désiré Laval va grouiller de monde ce week-end, lors des célébrations marquant sa mort le 9 septembre 1864. Plus que les autres jours de l’année, ils seront des milliers à converger vers son tombeau pour le vénérer et obtenir des grâces. Après les incidents notés ces dernières années, la soirée du 8-9 septembre 2007 est placée sous haute surveillance. Tout le monde est appelé à faire preuve de prudence et de recueillement afin que ce pèlerinage 2007 soit une réussite. «Avek per Laval pas zet lekor» est le thème de cette année.

Pour le père Bernard Hym, directeur du pèlerinage 2007, il y a plusieurs défis à relever et, avec le Service père Laval et les autorités policières, il compte sur la collaboration de chacun pour que les problèmes notés ces dernières années ne se répètent pas. Aussi compte-t-il sur tous les pèlerins afin qu’ils se rendent au tombeau dans un esprit de sacrifice et de recueillement et s’abstiennent de consommer de l’alcool ou d’acheter toutes sortes de bricoles en chemin pour le bonheur des marchands, qui y voient là une occasion de faire de bonnes affaires.Comme nous l’évoquions dans notre précédente édition, le père Hym recommande la plus grande prudence pour ce présent pèlerinage. Sans vouloir être alarmiste,il lance un appel à tous ceux qui vont se rendre à Ste-Croix en leur intimant de venir en groupe et en transport organisé et d’essayer, autant que possible, de se rendre au tombeau pendant la journée.

Ardeur et ferveur

Mais ce n’est certainement pas ces incidents qui vont atténuer l’ardeur et la ferveur des habitués à se rendre au tombeau du père Laval, dont le procès pour canonisation est en cours. Le père Bernard Hym est confiant que le père Laval sera un jour canonisé, car «ce qui a permis sa béatification va permettre sa canonisation». Cela viendra quand le Seigneur le voudra pour le bien du peuple mauricien et permettre ainsi au père Laval d’être un meilleur rassembleur, fait-il ressortir. Il explique que la canonisation sera possible grâce à l’élan populaire constant et la confiance dans le père Laval, avec plus de 10 000 personnes par semaine devant le caveau et plus de 150 000 dans la nuit du 8-9 septembre. La canonisation sera possible grâce aux attestations reçues lors d’un pèlerinage auprès de la tombe du père Laval et par des prières confiantes de Mauriciens et d’autres qui viennent de l’étranger et témoignant des grâces obtenues. «Pour que le père Laval puisse être canonisé, il faudrait aussi qu’il y ait une guérison miraculeuse et instantanée, incontestable et incontestée et que le corps médical reconnaît comme inexplicable par la science», précise le père Hym.


Vers le canonisation

«Ces éléments supposent qu’une personne qui se sait guérie par la prière du père Laval est consultée avant et après les faits constatés par le même médecin qui accepte, par la suite, de témoigner de l’aspect inexplicable de la science de cette guérison», ajoute notre interlocuteur. Il souligne que le projet est en route et que nous ne pouvons que prier pour que le Seigneur nous accorde cela comme une grâce. «Ce n’est pas pour permettre à Maurice d’obtenir des grandeurs et aux Mauriciens de tap lestoma que le Seigneur nous accordera cette grâce. Il le fera pour le renforcement de la foi et, finalement, pour aider les chrétiens à être de meilleurs témoins de l’évangile.» Le dossier pour la canonisation du père Laval est actuellement à Rome, où une commission de médecins l’examine afin de donner un avis compétent, cela suite à tous les témoignages soumis.

Jean-Marie St-Cyr, La Vie Catholique

The Pilgrimage

The annual pilgrimage to Sainte Croix originated from the very day of his funeral on 11 September 1864. The crowd was so big that there was not even standing room in St Louis Cathedral. On that occasion ‘Father Thévaux chanted Mass. Revd Father Etcheverry pronounced the funeral oration commenting on the words of Isaiah ‘Evangelisare pauperibus misit me’ (He sent me to announce the Gospel to the poor). Mgr Hankinson blessed the bier and the body of the revered deceased, followed by more than thirty thousand weeping people, was buried opposite Ste Croix Church, in the Vallée des Prêtres, on the spot where popular fervour has erected a superb monument8 in remembrance of his good deeds . . .’. There not only at each anniversary of his death but even every day, ‘like an endless chain with unbreakable links, pilgrims of all ages bring flowers, wreaths, candles, ex-votos and pray over his remains to ask for this protection’.

In the 1950’s, the pilgrimage under the impulse of Father Dethise and of the Christian Workers Organisations became more structured and orderly. Groups of pilgrims, mostly from the working class, travel from their respective villages and towns to meet at fixed points in Port-Louis before converging towards Sainte Croix. In 1965, the mausoleum containing the sarcophagus of Father Lava! was pulled down to make room for the building of the more spacious Sainte Croix Church. In 1979 after Father Lava! had been beatified in Rome by Pope Jean Paul II, thousands of people attended the Thanksgiving ceremony at the Blessed Virgin Mary’s monument in Port-Louis.

Many masses are celebrated at the shrine on 8 September and these are followed by a vigil to end the day. The first of the numerous masses said on the anniversary of the death of Père Laval on 9 September, starts in the very early morning.

The different miracles related by chroniclers and historians or handed down from family to family and the holiness of Father Lava!, attract more and more pilgrims to his shrine as years go by. In addition, the increasing number of Mauritians who emigrate spread his name overseas.11 Father Laval’s reputation for holiness has thus crossed the seas and to-day not only Catholics of neighbouring countries but~Iso visitors, from far and near, come and pray before his remains in Sainte Croix, bearing witness to the fact that a saint has trodden Mauritian soil.

Father Laval

Every year towards the hour of sundown on 8 September, men, women and children from every part of the island, leave their houses and start on a long march to the shrine of Father Jacques Désiré Laval at Sainte Croix, in the suburbs of Port-Louis. The crowds consist of motley groups. There are those who are filled with love and devotion and take turns carrying crosses, some of which are quite heavy. Others are absorbed in prayer, their lips a-quiver with endless ‘Ave’ and ‘Pater’, their eyes shining forth in bodies, old, shrunken, ravaged by years of toil and struggle. Then there are the younger ones, full of youthful exuberance, who invest the pilgrimage with a festive mood. To them religion is music and light. They take delight in offering to their revered Père Laval the tribute of their jubilant faithfulness.

To all these thousands of pilgrims this is a night apart from all other nights. They are marching to the spirtual centre of Mauritius where they have an appointment with a man of God who brought their forefathers out of the darkness of man-made barracoons into the light of Paradise. They are communing with their father who taught them that their heart too can become the throne of God.

Père Laval arrived in Mauritius in 1841 and worked here until his death in 1864. He devoted himself wholeheartedly to the moral and spiritual uplift of the emancipated slaves. Such was his devotion, so exemplary was his piety, that he won for the Catholic Church the fervour of the island’s entire black population. It is said that even the white population, which had ever since the French Revolution grown increasingly materialistic in outlook and sceptical about religion, were drawn to the Church by the christian example of their ‘inferiors’. By the time of Père Laval’s death in 1864, a deep and lasting moral and religious regeneration had taken place in Mauritius.

9/05/2007

Pèlerinage annuel au tombeau du Bienheureux père Laval

"Avek Père Laval, Pa Zet Lékor": c'est par cette exhortation que le diocèse catholique appelle, cette année, ses fidèles à participer, le week-end prochain, au pèlerinage annuel au tombeau du Bienheureux père Laval. Un thème choisi en lien avec le présent climat de morosité dans le pays.

Cinq messes sont prévues au sanctuaire de Sainte-Croix dans la nuit de samedi, 8 septembre dont la première prévue à 18h00 et celle - télévisée - de 20h00 présidée par l'évêque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat.

Le lendemain, dimanche 9 septembre, jour de la fête du père Laval, sept autres célébrations sont prévues; la première à 6h00 et la dernière à 18h00. Le pèlerinage officiel 2007 se poursuivra jusqu'au dimanche 30 septembre avec, notamment, le traditionnel pèlerinage des handicapés prévu le samedi 15 septembre entre 9h00 et 15h00.

De la Normandie à l’Ile Maurice

Jacques Désiré Laval est né le 18 septembre 1803 dans un petit village en Normandie. Issu d’une famille de cinq enfants, il a un père maire de commune qui se signale par son sens de l’autorité. Sa mère était, elle, très sensible aux pauvres et n’hésitait pas à accueillir des mendiants à la maison pour leur offrir à manger.

Dès son jeune âge, il se destine à être curé ou médecin. A 13 ans, il est envoyé chez un oncle qui consacre de son temps à instruire de jeunes enfants qui désirent aller au séminaire. En 1825, il est reçu bachelier ès lettres. II choisit la médecine. Le docteur Laval vit un drame intime par la suite. Il ressent l’appel de la prêtrise mais au moment d’entrer au confessionnal, il recule et s’en va. Finalement, en 1834, il se rend chez le curé d’un village voisin. Ce dernier l’aide à revenir vers Dieu. En août 1840, deux séminaristes passent à la cure du Père Laval. Dans leurs conversations, ils parlent d’un projet de société missionnaire pour les colonies. Voici que vers la fin de l’année 1840, passe à Saint-Sulpice Mgr William Collier, bénédictin anglais, qui vient d’être nommé vicaire apostolique de Maurice. Il est venu demander des prêtres.

En janvier 1841, le Père Laval est autorisé à partir pour Maurice où il reçoit la charge de la Mission des Noirs, puis en janvier 1842, celle d’aumônier de prison. En 1845, il fait l’expérience de sa première chapelle, à Petite-Rivière. Il en tirera la conclusion qu’il faut aller chercher les gens chez eux, en construisant une chapelle dans chaque village. En 1854 éclate le choléra. Le Père Laval, avec d’autres pères, se dévoue jusqu’aux limites de ses forces pour porter les secours de la religion auprès des mourants. Le 7 octobre 1860 il écrit un sermon dans lequel il mentionne l’affaiblissement de la vie chrétienne. Il ne donnera pas ce sermon. Quand il s’est avancé pour parler, il s’est écroulé, frappé d’une thrombose.

Pendant quatre ans, le Père Laval va supporter la maladie. Le 9 septembre 1864, il meurt dans l’après-midi, après avoir répété longuement ce verset du psaume : “J’étais dans la joie, quand on m’a dit : allons à la maison du Seigneur.”

PELERINAGE PERE LAVAL - “Avek Per Laval pa zet lekor”

Le pèlerinage vers le tombeau du Père Laval à Ste.- Croix aura lieu les 8 et 9 septembre, date anniversaire de sa mort. Comme chaque année, des milliers de pèlerins rendront hommage au saint homme dans la ferveur et la piété.

Le thème choisi cette année se veut en lien avec la lettre de carême 2007 de Mgr Maurice Piat : “Avec le courage d’espérer.” C’est une invitation à la confiance dans le Seigneur et dans l’avenir, une invitation à la persévérance, même dans les difficultés. D’où le slogan “Avek Per Laval pa zet lekor”.

Pour soutenir ce thème, l’évêché a choisi l’Evangile de la “Multiplication des pains”, chez St.-Luc. Les Apôtres invitent Jésus à renvoyer la foule. Mais Jésus ne suit pas leur raisonnement ; il leur demande : “Donnez-leur vous-mêmes à manger.” Ils n’ont rien, ou presque – cinq pains et deux poissons – Mais Jésus veut avoir besoin de leur pauvreté pour nourrir toute cette foule. Ils ont pris le risque du partage, ils ont mis leur confiance en Jésus et dans sa Parole, “zot pa finn zet lekor”, tous les gens sont rassasiés et les Apôtres se trouvent enrichis de leur partage – 12 paniers pleins des restes du repas. Le Seigneur demande des choses pas raisonnables, mais, avec son aide, ce qui paraît impossible devient réalisable, au-delà de toute espérance.

Le Père Laval et ses “Auxiliaires laïcs” étaient les mains vides face à la tâche ; leur force a été de reconnaître leur petitesse ; elle est aussi de puiser leur confiance à la source qu’est le Christ ; “parski zot pa finn zet lekor”, ils ont été témoins les uns auprès des autres ; ils ont contribué à transformer leur pays.

“Aujourd’hui, l’Eglise est ballottée de toute part ; le manque de prêtres, de religieux et de religieuses, le manque de chrétiens formés et disponibles, se fait de plus en plus sentir. Qui entend l’appel à être missionnaires à Maurice même ou au-delà des mers ? C’est le moment de nous appuyer sur le Seigneur qui peut faire des merveilles, à partir de notre faiblesse, qui veut avoir besoin de nous, tels que nous sommes”, plaide le Père Bernard Yim, responsable de l’événement cette année.

Des messes seront organisées à cette occasion : samedi 8 septembre, 16 heures à Ste.-Croix par le Père Daniel Muff ; à 18 heures à St.-Jean par le Père Tadeusz Kud ; à 20 h 30 au Sacré-Cœur, Beau-Bassin, par Mgr Maurice Piat et à 22 h 30 au St.-Sacrement Cassis par le Père Gérard Mongelard. Le dimanche 9 septembre à 6 heures à Ste.-Croix par le Père Jean Pedrono ; à 8 heures à St.-François Xavier par le Père Vittorio Costanzo ; à 10 heures à Ste.-Croix par le Père Daniel Muff ; à 12 heures à Ste.-Marie Madeleine par le Père Jacques Henri David ; à 14 heures à Pamplemousses ; à 16 heures à la cathédrale par le Père Labour ; à 18 heures à Pailles par le Père Gérard Mongelard.

l'express.com, article publié le mercredi 5 septembre 2007

9/04/2007