9/05/2011

Jacques-Désiré Laval : être exceptionnel, saint parmi les missionnaires

147 ans depuis la mort du Père Laval. Et la ferveur, la piété et le recueillement animent toujours le cœur des milliers et des milliers de pèlerins qui convergent vers Sainte-Croix.

Benoît Smerecki dans Sur les traces du Bienheureux Jacques-Désiré Laval, trace le portrait de l’apôtre des Noirs. Le 7 septembre 1894, le Père Laval fut victime d’une double attaque d’apoplexie et d’hémiplégie. Le vendredi 9 septembre, à 8 heures, il reçoit l’Eucharistie. Smerecki précise dans son livre que le Père Laval confie à un ami noir : « Continuez à prier pour les pauvres (…) Les pauvres m’attendent là-haut pour me faire entrer dans le ciel. » Il mourût à 13h40 le vendredi 9 septembre.

Mais qui était vraiment Jacques-Désiré Laval ? Benoît Smerecki écrit : « Ce prêtre missionnaire de la Congrégation du Saint-Esprit était un être exceptionnel, hors du commun, un héros, l’apôtre des Noirs, un saint parmi les prêtres missionnaires. »

La vie du jeune Jacques-Désiré Laval était marquée par l’exemple admirable de sa mère, Suzanne Delerablee, une âme très charitable secourant les pauvres des campagnes normandes. Le jeune Laval perdit sa mère à 7 ans. Cette mort devait l’influencer dans sa vie de prêtre, précise Smerecki.

À 14 ans, il entra au séminaire d’Évreux. Mais jeune, frivole et paresseux, il s’y ennuya et rentra chez lui. Son père, très sévère, le gronda et le força à reprendre ses études au collège Stanislas à Paris.

Doué d’une brillante intelligence, il fut reçut bachelier-es-lettres à 22 ans.

En 1825, il fut reçu bachelier-ès-sciences physiques et devint médecin, le 21 août 1830, avec une thèse sur le rhumatisme articulaire à la Sorbonne.

Il fit preuve d’une grande charité envers les pauvres, mais mena une vie mondaine, élégante et luxueuse. Il ne priait plus. Un événement faillit lui être fatal le 3 février 1835. Il fit une terrible chute de cheval. Il dit : « J’ai failli mourir. J’ai embrassé la médecine ; aujourd’hui, je vois que j’ai eu tort. Dieu m’appelle à être médecin. C’est ma vocation. »

Le 22 décembre 1838, Jacques-Désiré Laval fut ordonné prêtre par Mgr Hyacinthe. Il n’était pas un prêtre comme les autres dans le sacerdoce. « Il fit deux, trois heures d’oraison avant de célèbre la messe, consomma du pain sec, de l’eau, soigna les malades, menant une vie d’austérité, de pauvreté. »

L’apostolat à la vie missionnaire, précise Smerecki, retentit au fond de son âme. Il s’embarqua pour Maurice sur le Tanjore, débarqua le 13 septembre 1841 avec Mgr Collier, évêque, et d’autres prêtres. Il reçut la charge de l’évangélisation des Noirs.

Un fait historique : il apprit le kreol, fit le catéchisme en kreol, avec les Noirs et les affranchis, annonça l’Évangile en kreol, envoya les laïcs évangéliser les Noirs partout à travers l’île.

Sa foi héroïque, admirable, où il parcourut Maurice faisant construire église, chapelles, baptisant des milliers de Noirs affranchis, ainsi que son amour mystique pour Jésus-Christ, à travers Lui pour le Père, firent déjà de lui un « saint » populaire parmi les Noirs.

Le jour de ses funérailles, 40 000 Noirs l’accompagnèrent dans sa dernière demeure à Sainte-Croix.

Dix ans après, il guérit miraculeusement Edgar Beaubois, atteint d’une plaie incurable au cou. Cela lui valut la béatification par le pape Jean-Paul II, le 29 avril 1979.

La vie Catholique, septembre 2011

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