9/09/2016

Pèlerinage père Laval : sur le chemin de la miséricorde



Le pèlerinage annuel vers le caveau du Bienheureux père Laval, a réuni de nombreux Mauriciens jeudi soir.

Dans la nuit du 8 au 9 septembre, les Mauriciens ont rendu hommage à ce missionnaire et médecin qui fédéra les esclaves affranchis et les immigrants indiens au XIXe siècle, le père Jacques Désiré Laval. Nous célébrons cette année le 152e anniversaire de la mort du Bienheureux Jacques Désiré Laval, apôtre de l’île Maurice, béatifié en 1979 par le Pape Jean Paul II.

Les Mauriciens étaient nombreux à avoir convergé en famille ou entre amis jusqu’au caveau du missionnaire hier. Cette année, le pèlerinage s’articulait autour du thème « Père Laval, guide-nous sur le chemin de la miséricorde ». Une grande messe en plein air, présidée par Mgr Maurice Piat, s’est tenue à 20 h 30.



« L’Apôtre des Noirs », comme il est surnommé, avait débarqué à Port-Louis en 1841. Il avait la charge de la Mission des Noirs et forma un groupe d’anciens esclaves pour qu’ils deviennent ses aides. Il fit construire des écoles de brousse et des centres de prières à travers l’île. Il n’hésitait pas à rendre visite aux anciens esclaves à l’hôpital et même en prison.

Assisté par d’autres missionnaires, le père Laval guérissait physiquement et moralement tout un peuple. Alors qu’entre 1854 et 1856 le choléra et la variole sévissaient à Maurice, le père Laval se dévoua à l’extrême pour les malades et les mourants. Il est mort en 1864, à la suite d’attaques d’apoplexie.

Pélèrinage au tombeau du Père Laval


PUBLICATION - À L’INITIATIVE DU PÈRE BERNARD HYM : Les lettres du Père Laval rassemblées dans une nouvelle publication

 
“Cœur à cœur avec le Père Laval” lancé deux jours avant l’anniversaire de sa mort mais aussi dans le cadre du 175e anniversaire de son arrivée à Maurice

Un récit de la vie de l’apôtre des Noirs à Maurice tel qu’il la raconte lui-même à travers son courrier mais aussi un fort témoignage historique de la vie telle qu’elle était dans notre île de 1841 jusqu’à sa mort en 1864. C’est ce qu’on peut découvrir dans Cœur à cœur avec le Père Laval, le deuxième livre publié par le père Bernard Hym sur le premier prêtre spiritain de l’océan Indien.

Quelques jours avant sa disparition, le Père Laval adressait toujours des lettres. Animé par la passion et la curiosité au sujet de la vie de ce prêtre français qui a donné sa vie pour les Mauriciens, le père Bernard Hym, qui est à Maurice depuis 25 ans, les rassemble dans un deuxième livre sur le Père Laval. L’ouvrage a été lancé à la mairie de Port-Louis mercredi avec le soutien de la Société de l’Histoire de l’Île Maurice. Ce lancement, deux jours avant l’anniversaire du Bienheureux, intervient aussi dans le cadre du 175e anniversaire de son arrivée à Maurice.

Le choix de la mairie de Port-Louis comme lieu de lancement du livre s’explique du fait que dans les dernières lettres de l’apôtre des Mauriciens, celui-ci demande l’aide de la mairie pour aider les pauvres. « La municipalité de Port-Louis, qui était sise à la Rive des Remparts, aujourd’hui, rue Edith Cavell, a été aux côtés du Père Laval pour aider les pauvres », rappelle le père Bernard Hym.
Cela a pris une année pour compiler les écrits du Bienheureux Père Laval, avec le soutien d’une équipe de collaborateurs et de rédacteurs. Mais, pour le prêtre responsable du pèlerinage à Sainte-Croix, « cela a été une année de privilège ». Donnant un aperçu des actions de l’apôtre des pauvres, il devait ainsi dire : « La prison, le Père Laval l’a connue six mois après son arrivée. Personne ne voulait aider les prisonniers. C’était leur faute, il fallait qu’ils payent, disait-on. Mais, le Père Laval voulait les aider. Il a dû passer 4 000 heures dans cette prison, priant avec les prisonniers, célébrant l’Eucharistie et accompagnant les neuf condamnés à l’échafaud, peu importe s’ils étaient catholiques ou pas. »

De plus, selon Bernard Hym, le Père Laval « ne faisait pas de cadeau à son époque ». « J’ai donc demandé à l’évêque, Mgr Maurice Piat, si je pouvais parler de ce que le Père Laval disait du clergé de l’époque et à la Société de l’Histoire de Maurice si je pouvais dire ce qu’il disait des Blancs de l’époque. La réponse a été la même : “Notre histoire, c’est notre histoire, nous avons à assumer notre histoire et nous avons besoin de voir les changements qui se sont opérés.” En effet, neuf ans après son arrivée à Maurice, le Père Laval constate des changements : des églises et des chapelles partout ».
Lors du lancement, mercredi, Raymond d’Unienville, de la Société de l’Histoire de l’Île Maurice, devait indiquer que « par vocation, par curiosité et par besoin de savoir, le Père Hym est allé sonder les Archives spiritaines en France où il a découvert un trésor : toute une masse de documents signés du Père Laval et qu’il a reconnus comme étant extrêmement importants pour l’Histoire de Maurice ». Grâce à des dons anonymes, dit-il, la mise sur le marché de la publication a pu se faire à un prix dérisoire, soit Rs 250 dans un premier temps. « Le livre vaut bien plus que ce prix et profitera aux admirateurs du Père Laval qui pourront plonger dans l’intimité de sa vie. Ce sont des lettres à sa famille, à ses confrères, à ses supérieurs… Il écrivait à son directeur à Paris pour lui raconter ce qui se passait à Maurice et racontait en détail tous les aspects de sa mission. Nous espérons que le public catholique et non-catholique aura l’occasion d’en prendre lecture ».

La publication comprend également, dans les dernières pages, le “petit catéchisme” du Père Laval. Le père Hym ne cache pas sa joie d’avoir récemment découvert le catéchisme du Père Laval dans sa version kreol de même que son “grand catéchisme”. « Le Père Laval ne cessait d’adapter la manière de présenter l’Évangile aux gens pour qu’ils puissent mieux le faire entrer dans leur vie. C’est donc plein de ratures mais je vous promets, dans trois ans, on publiera un ouvrage sur les catéchismes du Père Laval qui restaient jusqu’ici inaccessibles ». Pour rappel, le père Hym a publié en 2014 Mort il y a 150 ans, le Père Laval est toujours à l’œuvre.
Le Mauricien

9/08/2016

Pèlerinage Père Laval


Ces "Père Laval" d'aujourd'hui


Documents historiques : les saintes colères du Père Laval


Tout le monde en prend pour son grade. Quand Jacques-Désiré Laval prend sa plume, il n’épargne ni les possédants, ni le clergé de l’époque. Il ne cache rien. Surtout pas son découragement quand il se retrouve seul, pendant cinq ans, à travailler jusqu’à l’épuisement. Sa mission: sauver les âmes d’environ 70 000 à 80 000 Noirs, entre les années 1841 et 1864.

Jacques-Désiré Laval, une figure emblématique, mais avant tout un homme. Voilà ce qui ressort du recueil de lettres du missionnaire, patiemment compilées et mises en contexte par Bernard Hym, prêtre et directeur du pèlerinage. L’ouvrage de près de 400 pages, Cœur à cœur avec le Père Laval à travers ses écrits, sera lancé le mercredi 7 septembre, juste avant la nuit qui voit affluer des milliers de Mauriciens au caveau du bienheureux.

Toutes ces lettres sont conservées aux Archives générales de la congrégation du Saint-Esprit en France. Il existe 475 pages, recopiées à partir des originaux, au moment du procès de béatification de Jacques-Désiré Laval. «Le moment où tout ce qui le concerne est vérifié», précise Bernard Hym. Ces copies peuvent également être consultées aux Archives spiritaines à Sainte-Croix.

Ces lettres sont un témoignage de première main de la société mauricienne du milieu du XIXe siècle. Par-delà les siècles, Jacques-Désiré Laval nous fait un cours d’histoire. Lui, le prêtre français, est arrivé à temps, car le «gouvernement anglais ne veut pas que (l’évêque William Collier) emploie des prêtres français; de sorte que me voilà seul pour ces pauvres gens». Plus loin, il souligne: «L’anglais ne sert à rien, on parle le français et une espèce de patois qu’on appelle créole; c’est un français corrompu. Je l’entends maintenant assez bien et commence un peu à le parler.»

Si le recueil de lettres démarre en 1835 – année où Jacques-Désiré Laval entre au séminaire – la plus criante est la première lettre qu’il écrit après son arrivée à Maurice. À 38 ans, le missionnaire a du vécu. Il a été médecin pendant cinq ans, il avait un projet de mariage, qui ne s’est pas concrétisé. C’est un homme relativement aisé qui fait une croix sur les biens matériels. C’est d’ailleurs une autre question qui traverse ses lettres: faire don légalement de ses biens à sa congrégation.

 
Un recueil de lettres, «Cœur à cœur avec le Père Laval», sera lancé mercredi.
 

Que possède Jacques-Désiré Laval? La première lettre nous renseigne. «Les terres que je possède à Croth, c’est du bien patrimonial, il y en a 4 arpents, 30 ou 40 perches estimées à 3 600 francs.»

Il a tout quitté pour «cette pauvre île Maurice», écrit-il le 22 février 1842. «Pauvre», à cause des mœurs et des préjugés de couleur. Des anciens maîtres d’esclavages devenus leur employeur, il note: «Je trouve beaucoup d’opposition de la part des Blancs, qui voient d’un œil d’envie qu’on ne fait aucune distinction, dans la maison de Dieu, de couleur et de condition, et plusieurs maîtres refusent de laisser leurs pauvres domestiques assister aux instructions (...) Je ne suis pas trop bien auprès des Blancs, moi qui ne veux m’occuper que des Noirs.» On saura par la suite que des jeunes viendront semer le trouble à la cathédrale et l’attendre avec un gourdin.

À propos des Noirs, il écrit: «Il n’y en a presque pas de mariés à l’église. Ils se quittent et se reprennent plusieurs fois (...) il y a un luxe et une vanité qui passent l’imagination.»

Ses collègues n’échappent pas à son sens critique. «Ce sont des prêtres qui sont venus là pour gagner de l’argent et pour s’amuser (...) Cependant en voilà trois d’interdits et de chassés (...) C’est incroyable tout le scandale qu’ils ont donné dans cette pauvre île.» Plus loin, une note de bas de page reviendra aussi sur le cas du prêtre expulsé pour pratique illégale de la médecine, parce qu’il a pratiqué une césarienne sur une femme morte en couches, pour baptiser son enfant.

Le missionnaire ne voit pas non plus d’un bon œil la concurrence des Anglicans. «Nous avons par malheur ici beaucoup de ministres protestants et des écoles de la secte des méthodistes, qui font beaucoup de mal et qui attirent tous les enfants de ces pauvres Noirs.» Cela dans des écoles... gratuites.

Bien que parfois répétitives, ce corpus de lettres, sur lequel Bernard Hym a travaillé pendant 20 ans, est une mine d’informations sur l’île Maurice du Père Laval.
 
 

9/06/2016

Lancement d’un livre compilant les lettres écrites par le Père Laval



Le Centre de Pèlerinage Père Laval, soutenu par la « Société de l’Histoire de Maurice », procèdera au lancement du livre du Père Bernard Hym, compilant les lettres écrites par le Père Laval le mercredi 7 septembre 2016 à 15h00 à la Municipalité de Port-Louis.La correspondance du Père Laval s’étend de 1835 jusqu’à sa mort. Son courrier permet de suivre le médecin, puis le séminariste, le prêtre et enfin le missionnaire de l’Ile Maurice.L’auteur de cette publication, le père Bernard Hym, témoigne de l’importance de publier ces lettres du Père Laval : « c’est, pour nous à l’Ile Maurice, non seulement un devoir de mémoire, mais surtout un moyen de sortir des idées toutes faites, et souvent caricaturales, sur la période post-esclavage (…)
Le Père Laval, nous l’aimons ! Alors, entrons un peu plus dans son intimité et laissons-nous séduire, à notre tour, par cet homme si proche des plus pauvres, parce que proche de Dieu. Il a ouvert les anciens esclaves à leur propre dignité en leur ouvrant l’Evangile. Dans son regard plein de tendresse, il leur a permis de se laisser regarder par le Dieu d’amour. Tout un peuple le vénère, et pas seulement la communauté créole, car il écoute chacun, dans ses peines et ses joies, dans la reconnaissance ou dans la supplication. Il est encore de nos jours, dans le cœur de tant de Mauriciens et de pèlerins venus de partout vers Sainte-Croix ».
L’auteur
Comme la plupart des Français, le Père Bernard Hym ignorait tout de la géographie et de l’histoire d’une petite île perdue dans l’Océan Indien ; rien ne le préparait à connaître et à faire connaître le Père Jacques-Désiré Laval. Il débarque le 3 septembre 1988 à l’Ile Maurice ; c’est un choc pour lui de découvrir l’attachement des Mauriciens pour le Bienheureux Père Laval, ce premier Spiritain à avoir travaillé dans l’Océan Indien. Le Père Bernard Hym est séduit par le Père Laval et surtout par sa façon de travailler en faisant confiance aux laïcs. Le Père Laval, un homme si attachant, va être la passion de 25 ans de recherches tant à Maurice qu’en France et en Angleterre.
En 2014, le Père Bernard Hym est poussé à partager ses découvertes en publiant un livre : «Mort il y a 150 ans, le Père Laval est toujours à l’œuvre ».
Aujourd’hui, nous sommes en présence d’un autre livre sur les lettres que le Père Laval a écrites depuis 1835, quand il était encore en Normandie jusqu’à quatre jours avant sa mort à l’Ile Maurice le 9 septembre 1864.

8/22/2016

Annulé : Pèlerinage du bienheureux Jacques-Désiré Laval à Pinterville 2016


Pour des raisons liées à l’état d’urgence et à l’impossibilité d’assurer la sécurité exigée par la préfecture le pèlerinage du bx J-D Laval 2016 à Pinterville est malheureusement annulé.

 

9/14/2015

Pinterville - Dimanche 13 septembre 2015




9/10/2015

PÈRE LAVAL — Plaidoyer de Mgr Piat pour la paix et la solidarité au quotidien


 
Mgr Piat : « Sakenn bizin amenn so blok pou konstrir lape, e sa kalite konstriksion-la pa aret zame »

La famille et le pays étaient au centre des préoccupations de l’évêque de Port-Louis dans l’homélie qu’il a prononcée hier soir lors de la messe pour le pèlerinage annuel au tombeau du Père Laval. Paix durable, solidarité, amitié, générosité, entraide sont les mots qui ont eu une grande résonance dans ce message adressé aux milliers de Mauriciens qui ont convergé vers Ste Croix. Selon Mgr Maurice Piat, la solidité d’un pays et celle d’une Église ne se mesurent pas à l’aspect financier ni au statut social de ceux qui en font partie. « C’est la solidarité qui fait la force d’un pays et d’une Église. Se pa kantite ka ki gaygne », a affirmé l’évêque de Port-Louis. Et d’insister sur la contribution de chaque Mauricien pour œuvrer quotidiennement en faveur de la paix.
Le thème choisi par le comité organisateur de ce pèlerinage 2015 est "Per Laval beni nou fami" mais à la suite des récents événements dans le sud du pays ces derniers jours, on y a ajouté « Per Laval beni nou pei ». Pour la messe de 20h30 qu’il a présidée, l’évêque de Port-Louis était entouré de Mgr Denis Wiehe, évêque du diocèse des Seychelles et d’un grand nombre de prêtres. Au début de la messe, Mgr Piat a fait allusion brièvement à ces incidents en disant que « la grande famille mauricienne finn inpe sekwe par bann tansion ki finn ena dan le sud ». Il a demandé à la foule, dans sa prière, de confier le pays au Père Laval, en soulignant le caractère unificateur de ce pèlerinage : « Le Père Laval est l’apôtre de l’unité mauricienne et confions-lui notre pays ».
À partir du texte de l’Evangile lu par le père Robert Dalais et qui avait pour thème « La maison bâtie sur le roc », Mgr Piat a livré une réflexion bien dense et parfois imagée sur ce qui, selon lui, rend une famille et un pays solide – et qui leur permet de demeurer stable lorsqu’ils se retrouvent confrontés à des situations de crise.
Pour l’évêque de Port-Louis, une maison, au-delà d’être un lieu d’habitation pour une famille, est aussi « un refuge, un lieu d’accueil, de vie, d’affection et de tendresse ». Ainsi, dit-il, la construction d’une maison ne se résume pas qu’à un assemblage de matériaux de construction avec un savoir technique. « Se pa zis bat beton, poz blok, koul dal. Konstrir enn lakaz se enn lantrepriz imin ». De la même manière, a poursuivi Mgr Piat, fonder et construire une famille est une « entreprise humaine » et de longue haleine ; cette démarche requiert des matériaux spécifiques. Mgr Piat a alors évoqué « le don de soi », « la patience », « l’esprit de service et d’attention aux autres », « le pardon et la réconciliation », « la tendresse », « la fidélité » et la « persévérance ». « Sa kalite konstriksion-la nou kone kan nou koumanse me zame li pa fini. Nou bizin toutletan lor santie de lafamil » croit Mgr Piat. De telle exigences, selon lui, sont aussi valables pour un pays qu’il a comparé à une « grande famille ».
L’évêque de Port-Louis a beaucoup insisté dans son homélie sur le caractère familial de la vie d’un pays. « Enn pei se enn pep, se enn famille », a martelé Mgr Piat. « Construire la famille mauricienne ne se limite pas qu’au développement économique. Cela veut dire aussi construire la paix sociale jour après jour. Construire la famille signifie aussi la solidarité et l’attachement à la justice. Comme pour la famille là aussi la construction ne s’arrête jamais. Chacun doit apporter sa contribution. Sak dimounn bizin amenn so blok pou ki lakaz-la pa grene ».
En se référant à l’Évangile, Mgr Piat explique que Jesus invite chaque personne « à construire la vie familiale sur des bases solides ». Selon l’évêque de Port-Louis, le type de fondation cité dans ce passage d’Évangile peut s’appliquer aussi à « la construction de la grande famille mauricienne ». Il poursuit : « Construire sur le roc est une entreprise très simple et qui soit à la portée de tout le monde. Chacun doit s’y mettre et il faut tout simplement avoir confiance en Dieu et croire qu’il aime profondément chaque famille comme elle est et qu’il aime notre pays tel qu’il est. Quand on prend appui sur l’amour de Dieu la construction progressera. »
Mgr Piat a ajouté qu’en posant des fondations solides, une famille et un pays peuvent résister à n’importe quelle situation de crise. « Kan nou konstrir lor ros, siklon, koud’van, tou sort kalamite kapav vini me nou lakaz rest solid ». Et Mgr Piat de préciser que les cyclones auxquels il fait référence sont des tentations tels « l’individualisme et l’égoisme », « le communalisme », « la corruption », « la violence «, «l’orgueil », « le pouvoir, » et « rod grander ».
On a relevé aussi hier cette insistance de l’évêque de Port-Louis sur la notion de solidarité qui doit primer au sein de la population. Mgr Piat a utilisé un langage imagé pour décrire ce type de solidarité qu’il souhaite voir parmi les Mauriciens. « Kan nou fini poz premier ranze bloc nou poz bann lezot bloc ki monte ziska lao. Nou kone ki tou bloc pa poz lor enn sel bloc me lor de bloc kouma bann bloc das enn miray ki ankrastre enn dan lot, li bisin parey dan nou lavi. Nou osi pou nou konstrir nou lakaz nou fami nou bisin pren lapwi lor enn lot dimounn e nou osi a nou tour nou soutenir lezot dimounn ki bizin enn koudme ». Cette solidarité dans l’interdependance est tout aussi valable, selon Mgr Piat, dans la construction d’un pays.
Service d’ordre impeccable et discipline de la foule
Comme à l'accoutumée, la foule des pèlerins dans la cour de l'église de Ste Croix était plus conséquente entre 20h et 23h en raison de la traditionnelle messe présidée par l'évêque de Port-Louis. Mais c'est dans l'ordre, la discipline et sur un ton de recueillement que les milliers de Mauriciens présents, de différentes religions, ont attendu leur tour pour entrer dans le caveau. Pour réduire le temps d'attente et éviter les passages de longue durée de certains pèlerins à l'intérieur du caveau — comme ce fut le cas l'an dernier –, les organisateurs ont cette année fait entrer les personnes par groupe de 100 et pour une pause de trois minutes seulement.
Par ailleurs, beaucoup de pèlerins ont fait part de leur satisfaction quant au service d'ordre mis par en place par le comité organisateur pour faciliter l'accès au caveau et pour une meilleure circulation de la foule dans la cour de l'église et dans les rues avoisinantes. La police, qui était à pied d'œuvre depuis hier matin à Ste-Croix, a fait un travail remarquable au niveau de la sécurité.
« Je suis satisfait du déroulement du pèlerinage d’hier soir. Les gens sont venus en famille comme souhaité par le diocèse et par le gouvernement », a fait savoir ce matin pour sa part le Deputy Prime Minister, Xavier-Luc Duval, président de la Task Force mise en place par le gouvernement. Ce dernier ainsi que d'autres ministres et députés étaient présents à cette messe solennelle.
Le Mauricien